Fabroni Bill Yoclounon, le « Fon » dans l’âme

Ce début de Juin, vous réserve des surprises. Nous ne vous promettons pas encore Olympe Bhêly Quenum, c’est certain! Mais nous vous emmenons vers des univers qui vous enchanteront, nous l’espérons! L’univers de  Iamyourclounon est la destination UNO que nous souhaitons percer avec vous! Bill Fabroni est-il un dieu??? Alors pourquoi se fait-il appeler IamYOURCLOUNON? Découvrons sensemble (nukiko…) YF

On ne peut pas faire semblant de fermer oreille aux appels qu’on reçoit presque chaque jour. C’est impossible. On finit par y répondre, peu importe la manière. J’écris parce que mes mains sont avides, mes imaginations trop vagabondes ; j’écris pour taire les bruits inutiles de la parole qui s’envole et pour faire parler les mots qui demeurent. Bill Fabroni YOCLOUNON

TDB : En vous souhaitant le bonjour et la bienvenue, nous vous exprimons notre gratitude pour avoir accepté nous accordé cette interview, Monsieur YOCLOUNON, ou devrions-nous dire IamYourClounon. Mieux, Dóó nú mi mɛn ɖáxó mítɔn YϽCLÚNϽN ɖo « Talents du Bénin » gbá sà. Mì dó fífón gbe nú mi, bó lέ ɖo kú dónú mi wɛ nú gbe ɖé mi yí nú yló mitón lé. (Rire)

FBY : Agoooɖo« Talents du Bénin » gbásà.Un ɖo kú nùmi tawun. E na cɛ nùmi kaka ɖo mi sɔ mi súgbon nuwiwa élɔ gblamɛ. E nyi nù bó vivi numi désú.(Je salue toute l’équipe de « Talents du Bénin ». Je vous remercie infiniment parce que vous m’honorez à travers cette interview. J’en suis très enthousiaste.)

TDB : Voudriez-vous, in personae, vous présentez à tous quand bien même ‘’un nouveau-né ne saurait nier vous connaître’’ ?

FBY :Je m’appelle Fabroni Bill YOCLOUNON, je suis béninois. Je suis dans ma 24ème année et je suis en Droit-Privé, Licence 3 sur le campus d’Abomey-Calavi. Je suis un journaliste-communicant et un passionné des belles lettres.

TDB : Votre statut matrimonial ?

FBY : Je suis un célibataire sans enfant.

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TDB : Une visite éclair sur votre parcours, vos diplômes, qualifications, compétences, tout ce que vous avez de vous à nous faire découvrir ?

FBY : J’ai commencé mes études par le Cours d’Initiation à 5ans à l’EPP SEHOGAN en l’an 2000. J’ai obtenu mon CEP puis je me suis envolé après un test au Séminaire Saint Joseph du Lac Adjatokpa (Kpomassè) en Octobre 2008 pour discerner la vocation de devenir prêtre. Après mon BEPC en 2012 et mon Bac en 2015 je me suis retiré du séminaire pour m’inscrire en Droit sur le campus. J’ai suivi également une formation à Radio Univers faisant de moi un journaliste-communicant.

TDB : Votre réel rêve professionnel ? Comment comptez-vous y arriver ?

FBY : Mieux devenir un Journaliste-écrivain. Je compte y arriver par un travail passionné.

TDB : Ecrivain, nouvelliste, dramaturge, romancier, chroniqueur et critique d’œuvres littéraire, journaliste-communicant, juriste en formation, concepteur, et que ne savons-nous pas d’autre? Autant d’occupations pour une seule et unique tête, un seul individu, qui plus est un JEUNE. Comment le jeune étudiant, toujours en contexte de formation, réussit-il à ne pas mélanger torchons, chiffons et serpillères ?

FBY : Ce ne serait pas franc de ma part que de dire que je suis organisé ou méthodique. Je travaille avec enthousiasme certes, mais j’ai du mal à m’organiser, à me tracer un emploi de temps rigoureux. Mais j’essaie de faire les choses dans l’ordre des priorités. Je connais mes priorités et les accessoires. J’accorde la place, le temps, le dévouement et surtout l’attention qu’il faut à chaque activité selon qu’elle se trouve dans les priorités ou les accessoires. Et tout ceci, dans la prière pour être guidé par l’Esprit-Saint.

TDB : Certes célibataire, mais une autre certitude : une longue histoire d’amour. Votre coup de foudre avec l’Art, quand et comment ?

FBY : Mon coup de foudre avec l’Art ! (Nukiko yèè dé) Par définition, l’Art c’est le beau. Je suis tombé amoureux du beau depuis le jour où je me suis rendu compte qu’il était beauté. Qui n’aime pas la beauté ? Personne.

TDB : Votre cadre éducatif a-t-elle été complice de la naissance de cet amour inconditionnel pour la littérature ?

FBY :Bien évidemment ! Tout est né très vite au séminaire. Un cadre idéal pour non seulement discerner son appel à devenir prêtre mais aussi pour rencontrer ses passions et les développer. J’ai été séduit par les lettres et le verbe.

TDB : L’Art écrit, qu’est-ce que c’est ? Quelle utilité aujourd’hui ?

FBY :L’Art écrit est la mémoire, la matérialisation, le témoin de l’Art oral et les autres dormes d’Art. La mémoire est très importante dans l’histoire et la vie des Hommes. L’utilité est donc là. Aujourd’hui où tout se dit et peu se lit, il urge d’écrire pour renverser les tendances.

TDB : Pourquoi écrivez-vous ? Mieux, pourquoi avoir accepté prêter oreilles à l’appel de la littérature qui aurait pu paraître une perte de temps pour un si jeune ‘’à la mode’’ comme vous ?

FBY :On ne peut pas faire semblant de fermer oreille aux appels qu’on reçoit presque chaque jour. C’est impossible. On finit par y répondre, peu importe la manière. J’écris parce que mes mains sont avides, mes imaginations trop vagabondes ; j’écris pour taire les bruits inutiles de la parole qui s’envole et pour faire parler les mots qui demeurent.

TDB : Vous avez en classe de seconde écrit votre célèbre pièce de théâtre« Il n’est pas facile d’être prêtre ». Qu’est-ce qui a provoqué une telle inspiration ? Serait-ce, comme en Droit, l’exposé des motifs de votre sortie du système de la formation à la vie sacerdotale ?

FBY : Nukiko ! J’ai fini d’écrire « Il n’est pas facile d’être prêtre »depuis la classe de seconde au séminaire en 2012-2013. Je l’ai publié après ma sortie du séminaire en 2016. C’est donc clair. Ce livre ne justifie pas ma sortie. C’était une inspiration du moment.

 

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TDB : Etiez-vous déjà convaincu, en 2012, de là où vous mènerait cette passion de lire et d’écrire ?

FBY :Je savais que même prêtre, je serais appelé un jour et pour toujours « Journaliste-écrivain » !

TDB : Votre biographie fait mention de vos textes poétiques avec lesquels vous avez commencé à flirter avec les Belles Lettres. Que sont devenues ces premières inspirations de l’âge enfant, l’âge innocent ?

FBY : Mes premiers poèmes sont toujours là dans le même cahier de la 5ème en 3éme. Je les dépoussière parfois : je lis et je me surprends à rire de ce que je racontais. (Nukiko kèdè)

TDB : Pourquoi n’avoir pas développé le génie poétique, puisque votre éloquence quant à manier le verbe tant à l’oral qu’à l’écrit ne se fait pas prier ?

FBY :Tout écrivain, qu’il soit romancier, nouvelliste, essayiste, etc., est un poète. La poésie est expression de sentiments avant d’être alignement de vers, décompte de syllabes, agencement de rimes… Je suis donc poète mais peut-être pas versificateur ou aède comme dans la Grèce antique. C’est un choix que je ne saurais m’expliquer ni expliquer.

TDB : En parlant de littérature, qu’est-ce qui vous inspire souvent ?

FBY :Ewlizo ! Cette question est choc. Mais comme tout auteur je suis inspiré par l’entourage, les faits sociaux, les réalités quotidiennes, etc. Toutefois, les événements tristes, douloureux, élégiaques m’inspirent beaucoup plus. Je suis sensible aux questions auxquelles on ne trouve pas de réponses ; je suis sensible aux situations de la frange sociale en quête d’un bien-être sur tous les plans.

TDB : Des difficultés dans le domaine ? Facile de se faire éditer ? Comment vous en sortez-vous ?

FBY: Le secteur du livre comme tout autre a ses difficultés. La plus grande au Bénin est relative à la distribution et au marché de vente de livres. Nombreux lisent peut-être mais tous n’achètent pas. L’édition a plusieurs réalités au Bénin qui varient selon qu’on se trouve chez telle ou telle maison d’Editions. Mais en général, c’est facile de se faire éditer si on est prêt à rendre la tâche facile à l’éditeur. En ce qui me concerne, je ne me suis pas gêné pour avoir des éditeurs. Je dirais même qu’ils m’attendaient. Ça a été facile.

TDB : Votre mission en tant qu’écrivain ? Et que faites-vous de concret pour y parvenir ?

FBY :Je m’inscris dans les lignes des auteurs de la Négritude qui ont veillé à être l’époux du peuple. Ma mission est celle d’être l’époux du peuple. Etre époux du peuple revient à être attentif aux cris du peuple, à combattre avec lui, à être son porte-parole, tout cela grâce à l’écriture.

TDB : En 2017, vous avez été retenu parmi les 5 lauréats de la 10ème édition du concours PLUMES DOREES de Les Editions Plurielles avec votre pièce de théâtre « Les Héritiers du mal ». Vos sentiments ? Une réussite ?

FBY :C’est une réussite. Mais c’est beaucoup plus un gain d’expériences. J’ai beaucoup appris grâce aux différents ateliers et résidences d’écriture suivis lors du concours PLUMES DOREES.

TDB : Qu’est-ce cette œuvre a de si particulier ? Et qu’est-ce qui se cache derrière un tel titre ?

FBY :Je vous cite ici le résumé in extenso : « Deux veuves rivales se disputent l’héritage laissé par leur mari défunt. Le partage des biens ne convient pas à la plus jeune qui réclame davantage. Elle n’entend pas que la première jouisse d’un droit d’ainesse dans ce partage. Cette réclamation fait naitre des rivalités poussées sur fond de guérilla occulte. » in Les Héritiers du mal, Au nom de tous ces cons, théâtre, les Editions Plurielles, Sept 2017, p.13

TDB : Que ressentez-vous quand vous vous mettez à transcrire ce que vous concevez ?

FBY :Du plaisir et un certain émerveillement devant l’imagination que nous fait développer la plume.

TDB : Depuis un an déjà, et précisément depuis le 10 Janvier 2018, vous avez eu une de ces brillantes idées d’innovateur qu’est de valoriser la culture béninoise ; et ce à travers vos louables travaux sur votre page Facebook ‘’Citations en Fongbé’’ et sur les autres réseaux sociaux avec la vulgarisation des proverbes et citations en langues locales, notamment en Fongbé que vous signez IamYourClounon. Qu’est-ce qui vous y a poussé ?

FBY :Chaque matin, sur les réseaux sociaux, j’ai remarqué que les citations et les phrases de motivation ainsi que les sagesses populaires que je reçois sont toutes d’auteurs étrangers. Rarement je vois sur des conceptions graphiques des citations d’auteurs africains encore moins béninois. Cela m’a interpelé et j’ai pensé au fait que je peux m’amuser à écrire des phrases populaires en fongbé mélangées au français pour intéresser les internautes histoire de leur apporter de la motivation locale, des citations et des proverbes locaux.

TDB : Comment une si brillante idée a-t-elle acquis son droit à la vie ?

FBY :J’ai commencé avec l’idée de départ : j’écrivais mes phrases en fongbé et en français comme on le fait si bien dans le langage courant parlé. Je postais mes affiches en ligne. Très tôt plusieurs ont trouvé l’intérêt et j’ai commencé par recevoir des critiques. Alors deux amis m’ont motivé à créer une page pour atteindre un plus grand nombre. Je l’ai fait et les abonnements à la page ont été très rapides et expansifs. Aujourd’hui la communauté compte près de 6.000 abonnés sans sponsorisation.

TDB : Difficultés aux débuts ? Comment vous y preniez-vous ?

FBY :Pour être honnête, je ne parlerai pas de difficultés parce que je n’avais pas de contraintes. Je ne travaillais pour personne et je faisais tout cela par le plaisir de me divertir, d’amener les gens à sourire ou rire puisque mes premières phrases étaient humoristiques. A la longue, plus la communauté grandissait, plus je recevais de propositions. J’écrivais au départ des phrases populaires que j’ai gardées en mémoire depuis mon enfance. Ensuite j’ai commencé par traduire en fongbé facile et lisible les citations et les proverbes français populaires.

TDB : Vos proches ont-ils cru en vous ? Du soutien de la part de votre entourage ?

FBY : Ah oui ! Mes amis m’ont beaucoup encouragé. Je pense en premier lieu à Ichris IBUKUN et Christophe SEHO qui m’ont longtemps soutenu dans ce sens. Le grand soutien fut manifeste par les différents partages sur les réseaux sociaux.

TDB : Aujourd’hui, il n’est pas rare de lire quotidiennement partout sur les divers murs et statuts des réseaux sociaux des citations, proverbes, paroles de motivation etc. signés IamYourClounon. Comment avez-vous su conquérir ce vaste monde, un public assez considérable ?

FBY : C’est magique les réseaux sociaux. Ce sont de véritables toiles d’araignées virtuelles qui vous connectent à un monde fou. Depuis ma pauvre chambre je balançais une photo sur ma page et deux heures d’horloge après la publication, je recevais des centaines d’impressions (likes, commentaires, partage, etc.) Le public aime simplement peut-être parce que c’est original ou local. Je ne me l’explique pas.

 

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TDB : Au départ quel était votre réel objectif dans ce sens ? Pensez-vous avoir réussi ?

FBY :Je ne parlerai pas en termes de réussite ou pas. Mon objectif au départ, c’est d’apporter du contenu en fongbé aux amis internautes. Je crois que je tiens encore ce pari que je me suis lancé. Peu importe si j’ai 1000 likes aujourd’hui et que demain j’en ai juste 50. Je me serais félicité d’avoir fait mon job : fournir du contenu local. C’est aussi vrai qu’aujourd’hui les attentes sont plus vastes parce que IamYourClounon est devenu un canal d’alphabétisation ; cela a été voulu par le public. Je vais essayer de réussir ce challenge.

TDB : Vous avez, cette année, conçu le calendrier civil en Fongbé qui a plu à plus d’un, et avec un autre exploit que représente la concrétisation de l’idée des Stickers Fongbé ; et sans vous arrêtez vous avez par la suite créé une chaîne YouTube pour faire savourer à tous, le bonheur que procurent les panégyriques claniques en les faisant découvrir à ceux qui ignorent les leurs. D’où tirez-vous toutes ces fabuleuses idées qui ne cessent d’émerveiller ?

FBY :Je vais vous choquer ! Les idées me viennent de l’Esprit-Saint que j’invoque en tout temps. Ensuite, cet Ami qu’il est, est bien trop simple. Il m’envoie ces idées dans des situations banales. Je ne réfléchis pas trop. Ça vient naturellement.

TDB : Le jeune IamYourClounon, osons l’appeler ainsi, semble être un infatigable. Plein de vigueur, il ne cesse de « savourer le goût de l’aventure, défier les événements… », toujours prêt à essayer et à recommencer, comme pour rester fidèle au poème « Être Jeune » de Samuel Ullman repris par le Général Mac Arthur. Qu’est-ce qui vous fait « trouver cette joie apparemment incommensurable au jeu de la vie » ?

FBY : Nukiko ! Pour moi, la vie est un mystère. Je trouve dans le souffle présent un véritable présent (cadeau) que nous fait le ciel. Il faut renouveler les choses autant de fois que l’on respire. Ça fait du bien à tout notre être.

TDB : Toujours dans le sens de la question précédente, vous avez une vivacité, une magnanimité, mieux une fougue diffuse qui vous anime et qui n’entend pas négocier sa transparence dans vos œuvres, et même dans faits et gestes (d’après vos proches). Vous arrive-t-il d’être gagné par la tristesse ? Si oui, comment arrivez-vous à ne jamais la laisser trahir votre contagieuse joie de tous les jours et de tous temps ? Si non, quel est votre secret ?

FBY :Oh My Clounon ! Je suis sidéré par cette question. Je déteste les environnements tristes même si je suis inspiré par les événements tristes. Je vis souvent mes moments de tristesse dans l’écriture. Mais dans la vie active, je suis un agité, un enthousiaste qui croque la vie. Je suis pour un Carpe Diem conscient ! Je ne sais pas comment renfrogner la mine. Je ne fais que rire et sourire en tout temps. Tout le monde me le fait découvrir chaque jour. C’est génétique et j’ai hérité cela de mes père et mère.

TDB : Encore à ce sujet, vous arrive-t-il d’avoir envie de tout laisser tomber par simple découragement ? Et qu’est-ce qui vous relance aussitôt ?

FBY :Gbédé ! Essè unh Gbè sè ! Jamais de la vie je n’abandonnerai ce dont je suis convaincu être mon job, mon affaire. J’ai autant de dettes envers mes parents et ma future progéniture que je ne peux que travailler et leur assurer une protection. Quand je jette un regard sur mon passé, je ne peux pas abandonner. Je souris et je réfléchis puis je change de méthodes de travail.

 

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TDB : Et en tant qu’écrivain, que pensez-vous des larmes ? Un vrai Homme pleure-t-il ?

FBY :Les larmes constituent la manifestation d’un excès d’émotions joyeuses ou douloureuses. Les pleurs viennent après une douleur. Si pleurer peut faire parfois du bien, un Homme peut pleurer. Il n’y a pas de faux Homme, encore moins un faux, celui qui pleure.

TDB : La fameuse signature, le célèbre concept : IamYourClounon ; qu’est-ce que c’est en réalité ?Voudriez-vous bien nous dire comment et à partir de quoi IamYourClounon est né, et lever le voile sur son arrière-plan ?

FBY :Nukiko kèdè ! Votre question voudrait d’une réponse qui confirmerait que IamYourClounon dérive de mon patronyme YOCLOUNON. Mais ce n’est pas cela ! IamYourClounon est original et est fait d’un mélange anglais et fongbé qui donne à la traduction simpliste : JE SUIS TON SEIGNEUR. Mais en réalité le mot seigneur ne renferme pas ici l’idée de divinité. Clounon est un mot tiré du gungbé (langue parlée à Porto-Novo) qui voudra dire le propriétaire de quelque chose, le chef, le patron. IamYourClounon est une affirmation de soi qui laisse entendre : « JE SUIS TON BOSS » parce que je suppose que chacun peut le dire dans un domaine donné. Nous avons tous des talents particuliers et nous brillons dans des domaines différents. Chacun peut donc affirmer IamYourClounon dans son domaine de définition.

TDB : En plus de tout ce que nous avons essayé d’aborder jusque-là à votre propos, même si on ne saurait finir de dire de ce jeune de 24ans, les cordes à votre arc sont diverses et innombrables. Voudriez-vous nous en dire plus sur vos expériences sur le blog « Biscottes Littéraires » dont vous êtes l’un des pionniers animateurs, chroniqueurs et critiques d’œuvres littéraires, et celles en tant que journaliste à Radio Univers et chroniqueur culturel sur la chaîne télévisée EDEN TV avec les célèbres Ganiath Bello et Habib Dakpogan ?

FBY : L’objectif de Biscottes Littéraires est d’apporter du contenu littéraire sur internet aux béninois qui passent de nos jours, comme la population mondiale plus de temps avec le portable. Notre objectif principal est de faire découvrir la richesse de la culture livresque béninoise et révéler cela aux élèves qui viennent chercher sur internet du contenu sur les livres et les auteurs au programme mais n’en trouvent malheureusement pas. Avec Biscottes Littéraires nous tenons le flambeau, des centaines de livres ont déjà été étudiés et des centaines d’auteurs interviewés. Je suis parmi les sept membres fondateurs et animateurs de ce blog et j’en suis content.
L’émission Autour d’un verre avec Ganiath et Habib est une autre expérience dans ma vie de journaliste. C’est une émission culturelle qui nous fait intéresser à divers acteurs culturels et à différentes problématiques culturelles. Tout cela me fait grandir et je gagne en connaissances.

 

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De gauche à droite Habib Dakpogan, Ganiath Bello, Bill F. Yoclounon

 

 

TDB : Vos relations avec vos aînés et vos pairs dans le monde artistique, singulièrement celui littéraire ? Qui admirez-vous plus parmi eux ?

FBY :J’observe beaucoup mes ainés et certains m’inspirent dans des domaines donnés. Je marche dans leurs pas sans qu’ils ne s’en aperçoivent. Je n’aime pas copier in extenso ce qu’ils font mais je prends la substance de leurs actes à laquelle j’apporte mes idées neuves.
J’ai de l’admiration pour plusieurs mais je suis très fan de la jeune génération littéraire qui écrit bien contrairement à ce que pensent certains. Je fais un coucou spécial à l’actuel Directeur des Arts et du Livre, Koffi ATTEDE qui est un modèle dans le monde artistique.

TDB : Votre biographie mentionne votre passage dans les séminaires du Bénin où, animé dans le temps par le désir de devenir prêtre, vous avez passé près d’une dizaine d’année discerner une ‘’vocation’’ ; une fierté ? Des regrets ?

FBY :Mon parcours au séminaire me rend très heureux. Je ne regrette rien et j’en suis fier.

TDB : Qu’y avez-vous finalement gagné puisqu’ayant rebroussé chemin en cours de route, pour ne pas dire à mi-chemin ? Pensez-vous avoir assez mûri votre choix ? Ou vous arrive-t-il de le regretter ?

FBY : J’ai gagné tant de choses. J’ai appris à devenir homme (humain) et je pense avoir bien discerné avant de sortir délibérément. Je ne regrette que le manque des récréations avec les amis. Les moments de récréation au séminaire sont des moments magiques, uniques.

TDB : Ayant réalisé qu’« Il n’est pas facile d’être », et certainement la raison ou l’une des raisons de votre renonciation, vous a-t-il été alors ‘’facile de vouloir abandonner la route du presbytérat’’ au regard des contraintes que constitue la pression de l’entourage dans ce contexte ?

FBY : Toute réintégration est contraignante. La vocation est personnelle. Que l’entourage soit d’accord ou pas, elle est personnelle et le choix se fait seul, avec sa conscience.

TDB : Voudriez-vous partager votre réinsertion dans la société pour lui avoir été pendant 8ans un étranger ? Des difficultés ? Si oui, qu’auriez-vous aimé, et de la part de qui ?

FBY :Assez de difficultés. Mais le temps a suffi pour que tout rentre dans les habitudes. Le temps régularise beaucoup de choses.

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TDB : Vu votre actuel attachement ou plutôt votre amour inconditionnel à la cause des langues locales, vous arrive-t-il de leur en vouloir pour ne vous avoir pas donné un nom qui sonne béninois ?

FBY :J’ai un prénom indigène qui figure même en première position sur mes pièces d’identité : Christin (gungbé) qui veut dire Christ existe.

TDB : Voudriez-vous que désormais nous vous appelions ‘’IamYourClounon’’ ?

FBY :Nukiko ! Cela ne me dérange pas ! Beaucoup le font déjà.

TDB : Apparemment fier d’être Béninois !?

FBY :Très fier ! Nous sommes bénis.

TDB : Que pensez-vous que les Gouvernements Africains et surtout Béninois devraient envisager de concret et réaliste pour la jeunesse d’aujourd’hui appelée à être la société de demain ?

FBY : Que les chefs de ces gouvernements n’oublient pas qu’ils ont été jeunes. Qu’ils se rappellent leur jeunesse et fassent pour les jeunes d’aujourd’hui ce qu’ils auraient voulu qu’on leur fît. Ils savent très bien que la jeunesse a besoin d’un milieu favorable pour étudier, pour entreprendre, pour trouver des emplois. Qu’ils fassent tout pour éviter à cette jeunesse la migration. La jeunesse ne veut pas qu’on lui donne des sacs de vivres ou des liasses de billets à l’approche des élections pour aller manifester dans les rues. La jeunesse veut un climat adéquat et favorable pour son éducation, ses projets et son emploi.

TDB : Aujourd’hui gagné par plusieurs domaines dans lesquels vous ne cessez de faire votre preuve, est-ce à dire que les génies des Belles Lettres ont déserté le forum ?

FBY : Pas du tout ! Je connais mes priorités.

TDB : D’autres œuvres littéraires en vue ?

FBY :Bien sûr !

TDB : Vos projets futurs ? De grandes surprises comme toujours ?

FBY :Les surprises préservent mieux la beauté de l’Art. Toutefois j’ai annoncé récemment la publication d’un clavier en fongbé et des langues nationales béninoises qui va permettre à tous d’écrire avec les caractères spéciaux et l’alphabet de sa langue. C’est pour bientôt !

TDB : Un appel aux personnes de bonne volonté à porter une quote-part à la cause commune que porte IamYourClounon ?

FBY : Je suis ouvert à toute aide que ce soit. Les personnes de bonne volonté peuvent me contacter sur la page ou autre canal mentionné ici.

TDB : Un jeune avec tant d’occupations qui sont les siennes et non moindres, a-t-il du temps de distractions ?

FBY : Bien sûr ! Je me distrais que n’importe qui ! A part mon travail professionnel, tout le reste est pour moi distraction !

TDB : Vos loisirs préférés, dehors de la lecture et de la musique ?

FBY : Je suis accro de la PlayStation ; je joue à du foot sur console ; je regarde le football à la télé ; Google est mon meilleur ami et on s’amuse bien ensemble.

TDB : Qui et que lisez-vous ? Et quant à la musique ?

FBY : Je lis la plume africaine et béninoise la plupart du temps. Je fais une lecture intéressée et très sélective quand il s’agit d’une plume occidentale. La musique c’est une partie de moi. J’aime danser seul dans ma chambre. J’aime écouter du rap français parce que ça me cultive. J’écoute la musique tropicale de l’Afrique pour bouger.

TDB : Couleur préférée ? Pourquoi ?

FBY :J’aime le multicolore parce que ça exprime une foule de sentiments. J’aime tout ce qui est fortement expressif.

TDB : Une parole de motivation à la jeunesse universelle en générale et celle béninoise en particulier, de la part de ‘’L’assoiffé des chalenges’’, puisque jeune également ?

FBY :Dagbé ji djin é na fo ɖo ! Vankan ! Ça ne finira qu’en bien ! Bats-toi !

TDB : Voudriez-vous personnaliser un chef-d’œuvre IamYourClounon pour « Talents du Bénin » ?

FBY : Bien sûr ! Voilà !

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TDB : Un clin d’œil à vos admirateurs?

FBY :Merci à Dieu qui m’admire beaucoup, je l’admire énormément. Je remercie et je dis toutes mes félicitations à mes proches collaborateurs Aude Marcel CODJIA et Gilles-Christ Fulberto qui travaillent de façon technique avec moi. Merci à eux de concrétiser mes nombreuses pensées.
Merci infini à tous les abonnés à mes pages et à mes idées. Vous êtes les vrais Clounon !

TDB : Aujourd’hui, nous voudrions vous compter parmi les talents du Bénin à encourager et soutenir à travers notre blog « Talents du Bénin », votre avis ?

FBY :C’est un énorme plaisir. Merci pour tout ce que vous faites. Merci de saluer l’effort des travaux abattus par la jeunesse de notre pays.

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TDB : Kú dúdó wέ jɛ xá mi mɛn ɖáxó YϽCLÚNϽN. Núkɔn yiyi nãn ŋyi mitɔn káká yi gbada. Mots de fin?

FBY :Je suis heureux d’avoir parlé de moi de long en large. Cela fait du bien quelquefois. Merci à Talents du Bénin qui m’a donné cette opportunité. Merci à Paterne et à Yèmissi et à toute l’équipe. Vous êtes les vrais talents. Adanmacio nùmi !
#IamYourClounon

                                      Kpossi Codjo Paterne HOUNKPE,

                                                  intervieweur TDB

 

Talents Du Bénin (c) Juin 2019

 

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