Paterne DOKOU, une tête à multiple casquettes

Artiste plasticien autodidacte né à Cotonou le 22 juillet 1993, Paterne Dokou s’intéresse très tôt au théâtre et à 16 ans, à la peinture qu’il a découvert avec le contact de Boussamba Atcha Brandy et de Hounkpatin Yao Pierre alors qu’il était apprenant à l’Ecole Catholique Mgr Isidore De Souza de Ouidah.

Son travail est le récit d’une histoire qui se raconte à travers l’art. Sa maitrise des arts plastiques lui permet d’affirmer son propre style de peinture qu’il nomme ‘’Réalisme conscient’’. Sur ses œuvres figurent l’usage de filet, de cauris, du caoutchouc, du papier, de la toile de jute, etc. Cependant, la caractéristique fondamentale de ce ‘’Réalisme conscient’’ réside dans l’usage permanent du filet collé sur la toile. C’est l’empreinte de l’artiste. Sur le plan chromatique, elles se caractérisent par l’utilisation des couleurs « fauves ». Des fois, les œuvres de l’artiste prennent des tournures abstraites, mais son timbre reste invariable : du filet et des couleurs pures et vives.  Seuls les portraits au stylo échappent à cette règle. 

TDB :Qui êtes-vous et que faites-vous ?DP:

DP: Je suis Paterne DOKOU.  Artiste plasticien Béninois et résident au Bénin. 
En effet, je suis sociologue et agronome de formation, maisle destin en a choisi autrement. 
Dans le milieu artistique, je suis pluri-disciplinaire, car je suis slameur, plasticien et comédien (pour le moment pour ne pas dire acteur). Leader de deux organisations de jeunes, j’ai à cœur d’apporter ma modeste contribution à l’édification de la jeune génération et de laisser un héritageà qui de droit. 

TDB: Comment avez-vous commencé ? Quel a été votre déclic?


DP: Tout a commencé en 2017 où orphelin de mère, le destin ne m’offrait nul autre choix que de poursuivre dans une école catholique à l’internat à Ouidah pour avoir accès à une éducation de qualité. Lieu où j’ai découvert la peinture au contact de deux jeunes artistes (BOUSSAMBA Brandy et Yao Pierre HOUNKPATIN) pour mes premières fois. Une forme d’expression qui me paraissait plus facile, familière et vraie. Ils peignaient tous les jours, que ce soit au réfectoire, au dortoir, à l’étude comme au lit, le seul langage qu’ils comprenaient n’était que  » la peinture et le dessin  ». C’est ainsi que j’ai été contaminé par cette passion qui depuis lors ne m’a plus jamais quittée. Il m’en fallait vraiment une tout au moins pour m’évader et m’exorciser de toute la douleur que je pouvais ressentir suis à la disparition de ma tendre mère (Euphrasie Clarisse CHABI) ; une femme de valeur au témoignage de ceux qui l’ont connue. 

TDB: Avez-vous fait une école d’art ?


DP: Je n’ai fait aucune école, je n’ai suivi aucune formation professionnelle. 
Je suis autodidacte.

Paterne Dokou, en action!



TDB:  Quel type d’art vous décrit le mieux ?


DP: Les arts plastiques. 

TDB: Quel est le sujet principal dans votre travail ?


DP: Je parle de tout. Je ne suis pas limité.
Je m’intéresse à tout au risque d’ennuyer mes admirateurs. 

TDB: Quels sont les thèmes que vous explorez ?


DP: La vie, la femme bien évidemment, L’HOMME (grand H) dans sa complexité et sa simplicité, Dieu sans oublier la mort. 
Ce sont des sujets très vastes dont toute une vie ne suffira jamais pour un débat complet.

TDB: Quel est le moment le plus marquant dans votre carrière?


DP: Beaucoup d’événements, mais particulièrement ma première vente aux enchères (en 2018) à près du million à la section consulaire de l’ambassade des Etats d’Amérique près le Bénin en présence de la diva  »Angélique KIDJO » qui a aussi enchérie d’ailleurs. Il s’agit de mon œuvre  »Angelique KIDJO 2018, la voix d’ébène ». Elle était là plus grosse enchère de la soirée malgré la présence d’œuvres d’éminents artistes, d’agences de voyage, de la robe de la diva elle-même et bien d’autres lots. C’était magique. C’était pour moi une récompense divine pour le combat que je menais depuis près d’une décennie à l’époque pour mon art dans un pays qui ne reconnaît pas les artistes à leur juste valeur et surtout les plasticiens! 


TDB :Quel est votre œuvre d’art favorite ? 


DP :Je préfère me référer à moi même. 
DADA GBEHANZIN HOUINDO (la famille du roi BEHANZIN). 


TDB : Pourquoi ?

DP: Car en la regardant non seulement elle reflète mon talent, ma personnalité, ma fougue et ma hargne pour le succès, mais aussi elle me rappelle d’où je viens, mon identité, ma patrie, qui je suis. 


TDB :Comment votre pratique a évoluée au fil du temps ?


DP : « LE TRAVAIL »
Y a que le travail, le travail et le travail (du crayon à la stylographie passant par la peinture pour la sculpture sans oublier la performance).
Rien d’autre. 

TDB :Quel est votre vrai travail dans la vie ?


DP :Je suis artiste. 
Sociologue et agronome de formation, mais pour l’instant, je n’exploite pas encore comme cela se doit, ces aptitudes que je possède.
Je me donne donc à 100 % à mon art.


TDB :pourquoi l’art ? 

DP :Parce que c’est le seul langage que comprend l’esprit humain pour revenir à la raison, passer du bon temps et vivre à l’aise dans un monde équilibré. 
L’art est l’essence du monde. 
Sans Artiste, le monde serait fade. Imaginez-vous aussi ce que serait le monde sans architectes, sans musiciens, sans plasticiens, sans comédiens. 
L’art est le seul langage émotionnel à travers lequel les humains peuvent communiquer via leurs âmes.


TDB :Quelle serait la réponse la plus mémorable sur votre travail ?

Paterne DOKOU

DP :Si vous avez la chance de vous retrouver un jour devant une de mes œuvres, retenez juste ce groupe de mots :  »REALISME CONSCIENT ». Il résume tout. 

TDB : Que faites-vous de votre temps libre ?


DP : Je me documente, je lis, je suis des documentaires et je me forme dans un autre domaine toujours pour l’évolution de mon art. 
Il m’est impératif et prioritaire de nourrir mon âme, mes pensées et mon intellect. Encore une fois, mon art me l’impose, car je m’en nourris pour nourrir les autres. L’artiste étant le nerf de la société, la lumière de nombreux aveugles et le leader de toute une communauté, il se doit d’avoir la connaissance et le background nécessaire pour ne pas mener à la perdition son audience.   


TDB :Pourquoi n’avez-vous pas un pseudonyme comme tout autre artiste ?


DP : Pour moi, la question du pseudo se limite simplement au sujet qui le porte. 
À la mort de ma mère, je me suis juré de faire parler d’elle à travers moi, et d’être celui à travers qui l’on entendra parler de ma famille à l’autre bout du monde. Il me fallait donc conserver mon  »nom » propre afin qu’en entendant parler de moi par les plus gros médias de la planète, que je me reconnaisse évidemment, que ma famille ai la fierté de porter ce nom pour lequel j’ai du respect et que l’Afrique tout entière soit fière quand quelqu’un originaire d’un autre continent clame respect face au exploit de mon art. 

TDB : Quel super pouvoir aimeriez-vous avoir ? 


DP :Celui de voyager à travers le temps. 


TDB :Pourquoi ?


DP :Beaucoup trouveront que je suis très attaché au passer. Selon ma nature ancienne, c’est vrai, mais à présent, je vis dans le futur, car mon art me l’impose. N’est-il pas souvent dit que les artistes sont des prophètes  qui vivent en avant sur leur temps. Et bien, je suis la vérification de ce dicton .

TDB : Quel est votre projet de rêve ?


DP : Impacter positivement la vie de millier de gens à travers le monde et laisser un héritage après ma mort.

TDB : Nommez vos 3 artistes préférés dans votre domaine.


DP : Maître Ludovic Fadaïro pour sa simplicité et son humilité, 
Ousman sow pour l’impact de son art et le courage dont il a fait preuve malgré l’âge auquel il a découvert sa passion, sa mission, 
et Romuald HAZOUME, qui a su s’imposer dans le domaine et qui fait honneur au Bénin à l’international.

TDB : Quel endroit vous inspire le plus ?


DP :Les endroit calmes, silencieux, où la verdure et la nature communiquent en parfaite symbiose.

TDB : Quel est votre objectif professionnel ?


DP :Inspirer des milliers d’artiste et des milliers de gens qui exercent dans d’autres domaines.
Je n’ai pas pour ambition de me limiter aux arts plastiques. L’avenir nous donnera raison .

TDB : Votre mot de fin !

DP :Ne laissez jamais personne vous dire que vous ne pouvez pas réussir, car nul ne connaît la seconde d’après. 

Propos recueillis par Eunice Alissa

Talents du Bénin (C) 2021

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