Armel Fakèyè, Pour l’amour de Dieu et des Lettres…

Ma vocation au-delà de ma consécration religieuse sacerdotale est celle d’être une voix entendue par plus d’un hors des murs de la confession religieuse. Je pus de ce point de vue vous affirmer que mon livre pour moi est un pupitre ambulant.

Jeune et talentueux prêtre de l’Ordre des Frères Mineurs Capucins du Bénin ; le talent que nous vous invitons à découvrir  ce mois de janvier a nom : Père Armel Fakeye. Ayant embrassé l’écriture, il se fait aimer de plusieurs lecteurs pour lesquels il accepte donner cette interview pour se faire mieux connaître. YF


TDB : Bonjour cher Père Armel Fakèyè. Une brève autoprésentation?

Bonjour à vous et mes meilleurs vœux d’une bonne et heureuse année. Que la plume se porte bien et qu’elle soit davantage affûtée pour nous introduire dans des sphères insoupçonnées. Merci aussi pour cette opportunité que vous m’offrez d’entrer en contact avec ce nouveau monde qu’est celui des lecteurs de Talents Du Bénin. Une autoprésentation comporte toujours deux risques : celui d’une auto-censure ou d’une prudente modestie et celui d’une auto-célébration, je m’efforcerai de ne tomber ni dans l’un ni dans l’autre.
Brièvement, je dirai que je me nomme FAKEYE Armel Crésus, né le 08 mai 1986 à Cotonou. J’ai fait mes études primaires et secondaires respectivement à l’école primaire de GANHI (aujourd’hui Collège Monseigneur Planque), à Charles Guillot, au Collège Les Cheminots et au Collège Catholique Père Aupiais. Juste après le baccalauréat, j’ai fait mon entrée dans l’ordre des Frères Mineurs Capucins où j’ai successivement fait le postulat à Cotonou, le noviciat et le post-noviciat au Cameroun, le philosophat à Ouidah et le théologat au Grand Séminaire Saint Gall de Ouidah. J’ai fait mes vœux perpétuels en 2013, le diaconat en 2015 et l’ordination presbytérale la même année. J’ai été envoyé en mission dans le Nord du Bénin, à Ina (environ 75 km après Parakou) comme vicaire paroissiale. Depuis juillet 2018, je suis en Italie où j’ai commencé des études en Philosophie à Rome. Toujours en 2018, j’ai sorti mon premier recueil de poèmes intitulé CONFIDENCES D’UN PRETRE, De roses et d’espérance paru aux Editions Maïeutique en Côte d’Ivoire.

TDB : Prêtre et écrivain : serait-ce un nouveau rôle pour l’homme de Dieu dans sa mission de pasteur du troupeau ?

Père Armel FAKEYE: Je ne sais pas quel sens revêt pour vous l’expression rôle. Mais je dirai tout simplement et tout humblement que l’écriture s’est révélée au monde en 2018 mais depuis mon enfance, elle a été une compagne de tous les moments. Vous conviendrez alors avec moi que l’écrivain n’a jamais joué un rôle secondaire. Je dirais même que ma vocation à la prêtrise et à l’écriture sont contemporaines. Prêtre et écrivain, je l’ai toujours vécu. Aujourd’hui, prêtre et écrivain je le suis avec vous et pour vous. Mon poème Folie Ancienne, Sagesse Nouvelle, nous en dit long.

TDB : À en croire ceux qui le soutiennent ainsi, le poète serait un rêveur debout. Votre position par rapport à cette idée.

Père Armel FAKEYE: (Sourire). Le jour de ma première et officielle dédicace au Collège Catholique Père Aupiais, j’ai assumé ce manteau en disant que je suis un rêveur non pas au sens péjoratif et réductionniste du terme mais je suis un rêve parce que pour moi, partager mon histoire et ma passion poétique a été un rêve, aujourd’hui mon livre est un rêve que j’ai en mains et sous cet angle je dis haut et fort que je suis un rêveur.
De plus, traiter le poète de rêveur c’est méconnaitre le rôle de la poésie dans l’histoire de la littérature et dans l’évolution de la pensée. La poésie a joué un rôle prépondérant dans l’expression de la pensée, de l’esprit humain. Les grands esprits de toutes les époques ont été des poètes ne serait-ce que dans l’âme. Je conclurai avec cette pensée de Wordsworth cité par Charles TAYLOR, dans son ouvrage Les Sources du Moi, à la page 466 : « La poésie est le plus philosophique de tous les genres littéraires : […] elle a pour objet la vérité […] non pas fondée sur le témoignage extérieur, mais portée toute vive au cœur de la passion ; vérité qui est son propre témoignage » (Wordsworth, « Preface to Lyrical Ballads », dans Poetical Works II, 394-395.

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TDB : Presbytérat et l’Art Écrit : comment joignez-vous les deux cordes, vu les charges considérables qui sont celles d’un prêtre ?

Père Armel FAKEYE: Presbytérat et Art Ecrit sont deux branches de l’arbre de ma vie et de mon histoire. Alors les deux cordes pour revenir à votre expression, sont harmonieusement exploitées pour donner une mélodie symphonie que j’appelle la musique de mes journées.

TDB : Comment comptez-vous atteindre l’objectif d’un écrivain qui se doit d’être neutre et homme de son temps, alors que se laissent apparaître vos convictions religieuses !?

Père Armel FAKEYE: Ma réponse vous surprendrait peut-être mais je n’ai aucune intention d’être neutre (à moins que je ne vous aie pas compris). La neutralité est un concept assez subtil dont on peut user pour ne pas avoir une rigueur de pensée ou une discipline d’argumentation ou une éthique de comportement et de valeurs à proposer. Homme de mon temps, j’y travaille. Le fait d’être un être créé de genre masculin m’exclut de la neutralité. Le fait d’être un écrivain qui plus est prêtre catholique, les réponses que je donnerai à questions de mes contemporains, les espérances que j’apporterai, mes écrits, mes pensées porteront toujours une connotation et de ce fait m’interdisant de revêtir le manteau de la neutralité. Dans toute position, il y a toujours en amont un présupposé.

TDB : Vous arrive-t-il de vous rendre compte que nous sommes dans un monde où Dieu ne fait pas unanimité ? Si oui, est-ce qu’il vous arrive de craindre de ne pas être lu de tous, vu le penchant religieux de vos œuvres !?

Père Armel FAKEYE: Le jour où Dieu aura l’assentiment de tous, le monde s’arrêterait, la vie perdrait son sens qui est celui d’une marche vers. Nous sommes en marche vers non pas la recherche d’une unanimité puisque l’existence de Dieu n’est pas un consensus. Même en tant que chrétiens nos visions de Dieu ne sont pas unanimes, à plus forte raison ceux qui ne partagent pas la même foi que nous. Par ailleurs, Nous sommes en tension vers l’idée vraie, je dirais d’une manière plus juste la véritable identité de Dieu. Je n’ai aucune crainte par rapport à la réception de mon œuvre. Ma vocation au-delà de ma consécration religieuse sacerdotale est celle d’être une voix entendue par plus d’un hors des murs de la confession religieuse. Je pus de ce point de vue vous affirmer que mon livre pour moi est un pupitre ambulant.
Enfin à y voir de très près, mon recueil de poèmes, est purement une œuvre littéraire mais écrite par un prêtre, voilà toute la nuance. En la parcourant du début jusqu’à la fin vous ne notez pas une allusion directe faite à la foi ou à ma confession religieuse même si elle y est en arrière fond. Deux poèmes sur 32 ont une connotation religieuse. Dieu est « le patrimoine de tous ». En Cote d’Ivoire, pendant ma dédicace dans certaines librairies, beaucoup de musulmans se sont procurés le livre.

TDB : Est-ce que l’esprit de poète qui bouillonne en vous n’influence pas vos sermons quant à séduire votre auditoire avec de belles tournures au cours de vos célébrations ? Cela n’influence pas les fidèles dans leur compréhension des textes sacrés ?

Père Armel FAKEYE: (Sourire), si la poésie est un genre littéraire, cela veut dire qu’il est un moyen de communication alors il peut être utilisé pour passer un message. La Bible est un florilège de poèmes, du Cantiques des Cantiques aux Psaumes en passant par les chants de victoires du peuple d’Israël devant la défaite des Egyptiens. La poésie parle au cœur et donne de la couleur à tout. C’est avec loisir que j’y recours de temps en temps. Cependant, faire l’homélie ou prêcher n’est pas un exercice de littérature poétique.

TDB : N’y a-t-il que la poésie comme genre littéraire qui fasse de vous un écrivain ? Ou devrions-nous nous attendre à d’autres genres ?

Père Armel FAKEYE:  Il me serait prétentieux de me projeter dans l’avenir par rapport à la fidélité à un genre littéraire ou à l’exploration d’autres. Pour l’heure, c’est mon parfait instrument d’expression. J’ose dire que si la poésie est la fille ainée de l’écriture, c’est aussi la porte ouverte à tous les autres genres littéraires.

TDB : En tant qu’écrivain, que pensez-vous avoir comme missions personnelles dans votre pays, au-delà de celles ordinaires d’un écrivain ?

Père Armel FAKEYE:  Je vous réponds par deux textes : le premier c’est MA VOCATION, que vous pouvez lire dans CONFIDENCES D’UN PRETRE et le second poème inédit dont je vous partage quelques vers : EFFUSION POETIQUE
[…]
Je ne veux pas être un écrivain de plus
Je ne veux pas être un écrivain en plus
Noble Dame Poésie
Admirable princesse à l’allure captivante et exquise

Je veux être un écrivain avec un plus
Le plus des mots qui font des paroles des faits
Des actes des conquêtes
Des conquêtes des explorations de la vérité

Je veux être plus qu’un écrivain
Je veux être plus qu’un jongleur des mots
Je veux être plus qu’un farceur des styles littéraires
Je veux être plus qu’un romantique et un rêveur

Je veux être une sentinelle de Dame Poésie
Je veux te rendre éternelle par l’éternité de ma poésie
Je veux te rendre passionnelle
De la folie et de l’attirance envoûtante

« Si la poésie est cette étoile
Qui conduit Rois et Princes à Dieu »
Elle est donc Universelle, Reine et Déesse
Son trône est le cœur des hommes

Je ne me revendique donc pas poète artiste
Je ne me reconnais pas simplement comme un poète lyrique
Je ne désire aucunement
Confiner ma poésie dans l’étau d’une poésie engagée

Loin de n’être qu’un poète prophète ou un poète avant-gardiste
Je veux porter un drapeau
Je veux porter un étendard
Je veux porter un flambeau

Drapeau dont les couleurs
Artiste, lyrique
Engagé, prophète
Flambeau aux couleurs d’avant-garde

Je suis un poète de tous les temps
Je suis un poète de tous les instants
Je serai un poète de tous les temps
Je serai un poète de tous les continents
Puisque l’éternité
Est le nid de mon inspiration
Le monde entier
La demeure que je parcours sans me lasser. (07/08/2018)

TDB : «L’écrivain s’écrit souvent dans ses écrits». Est-ce le cas chez vous ? Si oui, existe-t-il un Père Armel Fakèyè dans vos textes si réalistes ?

Père Armel FAKEYE: Cette assertion est vraie. Entre l’écriture et moi transparait une profonde et admirable complicité. Au-delà de l’écrivain qui s’écrit c’est aussi l’écrivain aussi prêtre qui écrit.

TDB : Partant de la question précédente ; avant de transmettre un état d’âme il faut l’avoir éprouvé. Le prêtre pleure-t-il ? Lui arrive-t-il de tomber amoureux ?

Père Armel FAKEYE: La vie est faite d’expériences vécues et même subies. Quand nous parlons d’un état d’âme à éprouver, il ne s’agit pas seulement du fait d’être le protagoniste. L’écrivain est aussi celui-là qui avec sa plume comme un pinceau peint une scène de l’univers : un château, un oiseau, des hommes qui passe, des personnes qui s’embrassent, … Votre question m’a rappelé un questionnaire que j’ai reçu d’un magazine en Cote d’Ivoire et après avoir transmis mes réponses, je vois quelques jours à la Une, le titre suivant Confidences d’un prêtre amoureux (un titre qui m’a fait beaucoup sourire). J’ai répondu à cette question à ma dédicace à Cotonou. A travers, ces lignes, c’est aussi un prêtre qui dit qu’il est un homme qui pleure, qu’il est un homme qui aime.

TDB : Un prêtre livre-t-il « Ses confidences » ? N’est-il pas un homme de silence ?

Père Armel FAKEYE: Pour faire des confidences à quelqu’un il faut rompre un silence. Quand le prêtre est décrit comme un homme de silence, c’est souvent en faisant allusion à la confession. Dans mes CONFIDENCES, ce n’est pas le cas. Qu’il vous souvienne que le livre de Qohèleth (l’Ecclésiaste) 3, 1.7 nous rappelle qu’il y a un moment pour tout et un temps pour toute chose sous le ciel, …, un temps pour se taire, et un temps pour parler.
TDB : Comment avez-vous eu l’idée de « Confidence d’un prêtre » et de quand date-elle ?
L’idée de ce titre est le fruit d’un échange entre l’éditeur et moi. Il n’y avait pas d’autres expressions qui rendaient mieux le contenu du livre. Cela était aussi une réhabilitation du mot Confidences loin de ses emplois erronés. Confidences ne veut pas dire révélations scandaleuses ce à quoi nous nous attendons malheureusement quand nous entendons ce terme. Confidences, ce sont prioritairement les expressions d’un cœur.

TDB : Quand on lit le titre, au premier coup, on croit en avoir à un roman ou une pièce théâtrale. Et la surprise ne dit pas son nom. Pourquoi avoir préféré ce genre pour la confidence ?

Père Armel FAKEYE: Quand un ami vous dit, j’ai des confidences à te faire. Vous ne savez jamais de quoi, il s’agit, vous pouvez deviner mais il n’y a aucune certitude. Alors ces confidences sont une invitation à entendre ou découvrir quelque chose. En parlant de Confidences, certaines sont moins surprenantes que d’autres. En parlant de surprise, vous y sommes alors pleinement.

TDB : Pourquoi vous semble-t-il nécessaire d’être écrivain alors que, prêtre, vous avez l’ambon pour transmettre, et bien, vos messages ?

Père Armel FAKEYE: Si je veux parler avec des chrétiens, j’irai dans une Eglise (encore qu’aujourd’hui on y trouve dans certains endroits très peu dans les églises), si je veux parler à des commerçants, je partirai dans des marchés, si je veux parler à des jeunes, j’irai là où j’ai de très fortes chances de les retrouver et là où ils seront disposés à m’écouter. Mais je veux parler à tout le monde je dois sortir de tous ces cadres préétablis et c’est ce que j’essaie de faire.

TDB : Un prêtre poète qui étudie actuellement la philosophie à Rome, comment vivez-vous cette nouvelle expérience et quelles en sont les incidences sur votre plume?

Père Armel FAKEYE: Les surprises de Dieu nous en avons tout au long de notre existence. Je vis donc cette expérience dans une attitude d’accueil, de découverte, d’espérance et de conflit. Conflit entre des présupposés et la réalité. Accueil parce que je le ressens comme un appel, découverte parce que toute lancée hors de sa zone de confort est toujours un tremplin pour l’exploration de nouveaux horizons et d’espérance parce que nous en avons besoin, moi le premier. Vous devinez déjà que tout cela aura une incidence non moins négligeable sur mes écrits. Comme celui de quelqu’un loin de sa terre, en voyage. Par exemple, l’un des premiers textes composés a été Voyager pour mieux aimer. Une autre incidence est le brassage avec d’autres cultures, d’autres manières de faire la poésie. J’ai un auditoire plus large, et ma poésie continuera à voyager.

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TDB : Des difficultés dans les processus de publication ? Comment vous y prenez-vous ?

Père Armel FAKEYE: Au soir de tout ce qui a été mis en œuvre pour la publication de mon premier recueil de poèmes, j’ai découvert et compris tout le mal que les écrivains se donnent pour se faire publier. Les difficultés sont de plusieurs ordres. Par exemple, les difficultés peuvent être financières. Elles peuvent aussi concerner le genre littéraire. Ça a été une grande audace pour mon éditeur, accepter de publier un recueil de poèmes, parce que la poésie est de moins en moins lue. Au passage, je le remercie avec toute son équipe pour sa confiance et son espérance. Ça a été un défi que nous avons relevé. Pour la suite, je m’en remets à la Providence pour cette créativité qui permettra de surmonter encore ces difficultés.

TDB : Votre position par rapport à l’état actuel de la littérature béninoise ? Vos suggestions éventuelles à l’endroit des acteurs de la littérature béninoise

Père Armel FAKEYE: C’est un domaine dans lequel je ne compte pas m’aventurer. Pour parler de la littérature béninoise, il faut la connaitre en profondeur. Je confesse ne pas avoir cette compétence. Je dirai tout simplement que d’après ce que j’ai constaté cette littérature n’est pas assez représentatif et un effort doit être encore fait pour donner à cette littérature ses lettres de noblesse.

TDB : Vos écrits sont-ils censurés par la hiérarchie ecclésiastique ou vous vous adonnez librement à votre passion ?

Père Armel FAKEYE: J’ai reçu l’autorisation de mes supérieurs avant la publication de ce premier ouvrage. Depuis la formation, ils savaient ce talent en moi.

TDB : Pensez-vous comme Emile Zola que « Rien ne développe l’intelligence comme les voyages. » ? Pourquoi ?

Père Armel FAKEYE: En effet, on ne saurait dénier la l’ouverture d’esprit que nous apporte les voyages avec le développement de notre intelligence. Mais je crois aussi qu’affirmer de manière aussi péremptoire que rien ne développe l’intelligence comme les voyages est un peu trop osé. Cela pourrait insinuer que ceux qui ont peu voyager ou n’ont jamais voyager sont moins intelligents. La question qu’il y a lieu de se poser est de savoir : c’est quoi l’intelligence pour Emile ZOLA, si c’est l’ouverture d’esprit elle pourrait être acceptée. Cependant, l’intelligence ne peut être réduit à une ouverture d’esprit. De plus, aujourd’hui, nous avons plus que nos ancêtres une facilité énorme à voyager, à rejoindre des destinations très éloignées les unes des autres, mais toutes ces choses nous ont-elles rendu plus intelligentes que nos ancêtres ?

TDB : vous qui vivez dans une autre réalité, est-ce que vos attentes sont comblées en tant qu’homme d’église ? puis en tant qu’artiste ? Qu’est-ce qui est positif dans tout cela ?

Père Armel FAKEYE: Je suis dans une nouvelle réalité et j’essaie de me départir des idées reçues pour vivre chaque expérience qui s’offre à moi. Ainsi, ce que je dis est fruit de mon expérience personnelle. Le statut qui est mis en exergue ici, c’est beaucoup plus celui d’étudiant. Il arrive que j’aie quelques expériences pastorales, je pense que les réalités sont vraiment différentes. En tant qu’artiste, je n’ai pas encore une large opportunité et c’est encore trop tôt pour tirer des conclusions. Cela fait à peine quelques mois que je suis ici. Toute belle expérience porte beaucoup de fruits positifs et j’en accueille avec le brassage avec une autre culture, de nouveaux visages, des réticences et des ouvertures. Je suis convaincu que je recevrai beaucoup de cette période mais que j’en donnerai aussi autant.

TDB : Avez-vous des lecteurs à Rome ?

Père Armel FAKEYE: Oui, j’ai des lecteurs à Rome et dans plusieurs autres pays en France en l’occurrence. Le stock avec lequel je suis arrivé est presqu’épuisé. Nous espérons dans un futur proche offrir aux amis ici à Rome la version italienne de mes poèmes.

TDB : Un mot à l’endroit de ceux qui vous lisent et de ceux qui ne vous connaissent pas encore?

Père Armel FAKEYE: A l’endroit de ceux qui me lisent. Je voudrais leur dire que ça a été et c’est pour moi un grand plaisir d’avoir débuté cette expérience avec eux. Leur retour : critiques et apports m’ont permis d’évaluer tout ce qu’à travers sa plume un écrivain peut apporter. Des cœurs ont été pansés, des espoirs ont été retrouvés, beaucoup qui ne croyaient plus en l’amour par exemple, ont retrouvé la force d’aimer de nouveau.
A ceux qui ne me connaissent pas encore, je voudrais les demander d’aller au-delà des préjugés qu’ils ont sur la poésie, et tout le reste et d’oser cette aventure, qu’ils ne regretteront pas parce que du moment où j’ai publié ce livre il ne m’appartient plus. Mes Confidences deviennent leurs confidences. Qu’ils lisent et en parlent autour d’eux.
A tous et à toutes, je rappelle que ce n’est que le début d’une longue aventure

TDB : Vos projets en tant qu’écrivain ?

Père Armel FAKEYE: Mes projets en tant qu’écrivain, de rendre l’accès à la poésie plus facile. C’est sur et certain qu’il y aura d’autres publications. Mon désir le plus ardent, c’est que la littérature béninoise soit plus compétitive aussi bien en qualité qu’en quantité. Je crois qu’après mes études, de retour définitif, je pourrai mieux explorer ce champ.

TDB : Père Fakèyè a-t-il d’autres passions en dehors de l’écriture ?

Père Armel FAKEYE: Ma première passion c’est la lecture. En dehors de la lecture, il y a la musique écoutée et jouée, le sport et les activités de créativités (œuvres d’art ou de réalisations manuels)

TDB : Quel est votre auteur préféré ?

Père Armel FAKEYE: Mon auteur préféré est Rabindranath TAGORE, un écrivain poète indien

TDB : Combien de livres lisez-vous par mois ?

Père Armel FAKEYE: Il est difficile de vous donner un nombre exact de livres lus par mois. Cela dépend de mes préoccupations. Mais il est difficile de passer un mois sans avoir lu au moins plus d’un livre. Actuellement la moyenne est au moins autour de 3 de volumes variés.

TDB : Mangez-vous Béninois à Rome ?

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Père Armel FAKEYE: Quand l’occasion m’est offerte. Si l’envie est insoutenable, je mets alors le tablier !!!

TDB : Votre mot de la fin ?

Père Armel FAKEYE: J’ai une pensée de gratitude envers vous et votre structure, une pensée de gratitude envers tous ceux et celles qui m’ont soutenu, encouragé et critiqué. Cette œuvre est la vôtre. Recueillez toujours la boue du temps, la boue de vos difficultés, de vos défis pour en faire l’or d’une nouvelle éternité, d’une nouvelle espérance, d’un nouvel amour, d’une nouvelle victoire

2 commentaires

  1. Pur régal. Merci à TDB pour les talents qu’il nous fait découvrir. Félicitations à l’auteur. J’ai spécialement adoré la chute de ses propos: « Recueillez toujours la boue du temps, la boue de vos difficultés, de vos défis pour en faire l’or d’une nouvelle éternité, d’une nouvelle espérance, d’un nouvel amour, d’une nouvelle victoire ». Sublime

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