King GNAHO, prince du 7ème art, architecte de l’image…

J’ai actuellement, un projet de long métrage documentaire intitulé Canna à Sucre qui a pris corps et dont le financement est presque bouclé. C’est un documentaire musical qui me tient à cœur. En dehors de cela je tourne en ce moment un court métrage documentaire intitulé « La 7ème thérapie » et puis j’ai aussi en projet un autre court-métrage fiction à venir en2019. A plus long terme, je pense à cette exposition photo qui me trotte dans la tête depuis des années…
Bonjour à tous! Pour cette découverte d’un nouveau talent béninois, ma consœur blogueuse, la journaliste Carmen Toudonou nous introduit dans les coulisses de l’ORTB pour y découvrir un homme passionné d’art, un artiste qui fait de l’image le centre de ses nombreux autres intérêts! Zoom sur King!
TDB: Bonjour M. King Gnaho. Vous êtes Directeur Photo à télévision nationale du Bénin. Que dois-je dire de plus pour être complète sur votre présentation ?
King GNAHO: Je suis un jeune scénariste et un réalisateur en devenir et je suis un passionné de cinéma.
TDB: Beaucoup de personnes méconnaissent les métiers de l’audiovisuel et du cinéma. Alors, dites-nous, qu’est-ce qu’un Directeur photo ?
King GNAHO: Le directeur de la photographie est un artiste technicien responsable de la qualité de l’image et de l’esthétique globale d’un film ou d’une production audiovisuelle. Pour ce faire, il faut être capable de sculpter la lumière pour peindre les émotions et les messages à passer grâce à l’image, savoir faire parler sa caméra pour qu’elle raconte le film que le réalisateur a en tête et il faut savoir orienter l’objectif ou la lentille de la caméra comme votre œil pour qu’il voit ce que le réalisateur a l’intention de montrer. C’est un métier exigeant qui requiert une somme de savoir-faire liée à l’image telle que la connaissance des teintes et nuances ce qu’on appelle la science des couleurs, les textures, les techniques d’éclairage et bien-sûr par-dessus tout, la caméra. Si vous avez tout ça avec au moins une dizaine d’années d’expérience on dira que vous êtes un directeur photo moyen. Mais ce qui fait de vous  un génie derrière la caméra, c’est votre culture générale. Les films que vous avez vus, les lectures que vous avez faites… Vous devez connaitre la peinture, l’architecture, le graphisme, le dessin, la bande dessinée, la
danse, le théâtre, la littérature etc.
TDB: Est-ce qu’on peut alors dire que le directeur photo est comme un architecte de l’image ?
King GNAHO: Oui on peut le dire… c’est un architecte aux ordres du client, comme tous les architectes quand ils ne construisent pas leur propre demeure. Car, le directeur photo fait l’image demandée par le scénario et selon la vision du réalisateur. En tant qu’architecte de l’image, il ne construit pas l’image qu’il a en tête mais celle que le réalisateur a en tête. Evidemment, il le fait avec son style à lui, avec ses influences et son gout, cela est inévitable.
TDB: Quel parcours avez-vous suivi pour en arriver à assumer cette fonction de DP à la télévision ?
King GNAHO: Déjà, il faut rectifier le fait que l’on pense qu’être directeur de la photographie, c’est assumer une fonction dans la même veine qu’un poste administratif (les gens sont si friands de titres ronflants et de postes par ici). Non le terme directeur photo ne désigne ni plus ni moins qu’un métier du cinéma et de l’audiovisuel. Ceci dit, j’ai eu un parcours plutôt atypique. J’ai fait des études de langue anglaise (une maîtrise) au départ. A la suite de quoi, j’ai enseigné puis je suis devenu traducteur. C’est au cours d’un projet de sous-titrage d’un film à Accra que le virus de l’image m’a piqué.  Après quoi, j’ai été recruté sur concours à la télévision publique du Bénin comme cameraman. Je suis allé me faire former en réalisation d’émissions télévisées au Japon et 11 ans après je suis devenu directeur photo, copté par l’ancien directeur photo qui faisait admettre ses droits à la retraite et grâce à la confiance du Directeur Général d’alors, Stéphane Todomè. Aujourd’hui, je travaille toujours à la télévision publique béninoise comme directeur de la photographie et je suis en Master 2 de réalisation cinéma.
TDB: Comme vous le dites, vous avez été d’abord recruté à l’ORTB (office de Radiodiffusion et Télévison du Bénin) comme cadreur (caméraman c’est mieux et je préfère). Peut-on dire que c’est là un passage obligé avant de devenir DP, ou bien il y a-t-il d’autres possibilités pour atteindre ce métier ?

King GNAHO: En vérité, c’est un passage obligé pour devenir un vrai directeur photo. Vous pouvez aussi venir à la direction photo en ayant été un éclairagiste en chef pendant longtemps bien sûr, mais il vous faudra toujours, revenir apprendre la caméra. C’est la finalité de la photographie : capturer la lumière dans une boite noire où se trouve un support qui y est sensible. Cette lumière emprisonnée finit par laisser une trace sur ledit support sensible et l’on obtient une image. On ne peut faire ce métier sans connaitre la caméra d’abord ou après coup.

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King Gnaho, artiste
TDB: Vous travaillez comme scénariste dans le cinéma. Pourquoi cette passion définitive pour l’image?
King GNAHO: Pour l’image ou pour l’écriture ? Mais soit. L’un ne va pas sans l’autre à mon avis. Le premier art que j’ai épousé c’est l’écriture. Du club de poésie du Lycée Béhanzin à la troupe théâtrale de l’église où j’ai adapté le mythe d’Œdipe, j’ai toujours écrit. Ensuite, je me suis découvert une passion pour le cinéma en traduisant donc en écrivant et puis qu’est-ce que la photographie sinon l’écriture par la lumière comme le dit si bien Vittorio Storaro, un directeur photo italien naturalisé américain dont je m’inspire. Si vous décomposez le mot selon son étymologie, le préfixe grec « photo-» veut dire lumière, clarté — qui procède de la lumière, qui utilise la lumière et le suffixe « -graphie » du grec graphein veut dire peindre, dessiner, écrire. Nous sommes des écrivains de la lumière et il n’y a pas d’image sans lumière. L’on s’en rend compte bien vite que l’image et l’écriture sont deux passions jumelles qui peuvent vous singulariser.
TDB: Beaucoup de personnes s’accordent pour reconnaître que le cinéma béninois est quasi inexistant… Est-ce votre point de vue ?
King GNAHO: Pas du tout ! Il existe un cinéma béninois. Le fait qu’il ne soit pas visible n’en fait pas un cinéma quasi inexistant. Je connais des personnes qui vivent entièrement et décemment du cinéma au Bénin. Le cinéma béninois existe donc, il manque juste de visibilité et d’exposition. Toute chose que notre cinéma ne peut avoir sans des salles pour projeter nos films. C’est tant et si vrai qu’en anglais le mot qui désigne la salle où l’on projette les films et le mot qui désigne toute l’industrie sont les mêmes : cinéma… Il n’y a pas de cinéma sans les salles de cinéma. C’est pourquoi le nôtre peut paraitre presque inexistant mais ce n’est qu’une apparence. Notre cinéma voyage dans les festivals et sur les télévisions étrangères.
TDB: Qu’est-ce qui doit être fait selon vous pour (re)lancer le 7e art au Bénin ?
King GNAHO: Matérialiser un marché en orientant la demande en productions cinématographiques locales. Les financements c’est bien mais ce n’est pas ce qui a manqué jusque-là. La formation des cinéastes c’est bien aussi et d’ailleurs ça se voit que les gens se forment de plus en plus. Le matériel aussi on l’achète de plus en plus et il est de meilleure qualité. Mais à quoi bon faire des films s’il n’y a pas un marché pour les vendre, des salles pour les projeter, des télévisions pour les acheter et reverser des droits d’auteurs, des marchés de DVD fiables ? Sans débouchés, il ne faut pas produire, c’est une simple logique économique. Sans débouchés et sans marchés pour consommer, il n’y a pas d’industrie. C’est une fois toutes les entités et filière de l’industrie en place qu’il nous faudra un code pour organiser, compartimenter, réglementer et formaliser tout ceci. Donc ce n’est pas plus mal que ce code ait trainé dans les tiroirs des politiques pendant plus de deux décennies. A quelque chose malheur est bon. On a besoin de ce code mais ce n’est pas le code qui va créer l’industrie cinématographique. Si
demain, on a le code, vous ne verrez pas dès le lendemain cent films béninois sortir du bois comme par enchantement. Et si cette magie se faisait, ceux qui auront mis de l’argent dans ces films ne pourront pas rentrer dans leurs fonds et on ne pourra pas faire d’autres films. C’est exactement ce qui se passe actuellement. Il faut faire des films certes, il nous faut un code certes mais il faut d’abord créer des salles où nous allons projeter ces films et les rentabiliser.
TDB: A vous entendre parler, je suis tentée de vous demander si vous avez des projets à plus ou moins long terme dans le domaine du cinéma ?
King GNAHO: J’ai actuellement, un projet de long métrage documentaire intitulé Canna à Sucre qui a pris corps et dont le financement est presque bouclé. C’est un documentaire musical qui me tient à cœur. En dehors de cela je tourne en ce moment un court métrage documentaire intitulé  « La 7ème thérapie » et puis j’ai aussi en projet un autre court-métrage fiction à venir en 2019. A plus long terme, je pense à cette exposition photo qui me trotte dans la tête depuis des années…
TDB: Quelles sont vos autres passions en dehors de l’image ? La femme pour vous, qu’est-ce que c’est ?
King GNAHO: En dehors du cinéma, je me passionne pour les voyages, la littérature et la musique. J’aime apprendre des autres cultures, les langues et surtout la musique. En ce qui concerne la femme, pour moi, elle est l’incarnation de la beauté et surtout la matrice de toute chose, bonne ou mauvaise hélas ! Mais nous les hommes sommes là pour leur perdre leur temps et leur intelligence en leur jetant des fleurs souvent moins belles qu’elles-mêmes. Il se fait qu’elles aiment ça donc on ne s’en prive pas. Sinon, je ne sais pas ce qu’il adviendra de nous le jour où les femmes se passeront de la distraction que nous sommes. Je me console juste en pensant que ce jour n’est pas pour demain.
TDB: Quel est votre coup de cœur (tous domaines confondus) ?
King GNAHO: Mes enfants… J’en ai trois. Deux filles et un garçon. Rien ne m’attendrit plus que leurs jolis minois.
TDB: Votre coup de gueule ?
King GNAHO: Le fait que dans un petit pays moins peuplé que la ville nigériane de Lagos, le fait disais-je que tous les jeunes, ceux qui doivent développer ce pays fassent de la politique, passent leur temps à créer des partis et mouvements fantômes pour avoir des postes politiques et administratifs afin de se faire une pitance au soleil. J’en ai vu faire de longues études et revenir s’enfermer dans des tours d’ivoire en costumes et cravate et à la botte des politiques. Les plus oisifs sont sur les réseaux sociaux à faire les griots pour des gens qui sont sensés les servir… C’est le monde à l’envers. Et c’est peu de dire que dans une telle ambiance, nous les créateurs de l’esprit avons du mal à exister si vous tenez à ne pas vendre votre âme. Il faut montrer patte blanche et louanger les rois du moment pour que votre projet reçoive du financement. Regarder notre Centre Nationale du Cinéma et de l’Image Animée… C’est le spectre parfait de la situation que je vous décris.
TDB: Si vous croyiez en la réincarnation, et que vous deviez vous réincarner en un animal, lequel préféreriez-vous ?
King GNAHO: Je peux croire en la réincarnation mais pas en un animal.
TDB: Pourquoi ?
King GNAHO: Trop long à expliquer. Et tout ceci dépend de ce en quoi vous croyez ou pas. Donc ce n’est vraiment pas une certitude. Chacun le sent. Moi je ne crois pas en la réincarnation si cela doit être en un animal.
TDB: Quel est votre plus grand défaut ?
King GNAHO: J’ai du mal à faire entièrement confiance. L’on a beau me rassurer, pour éviter les déceptions, je prépare toujours un plan B voire C… J’aime toujours avoir plusieurs coups d’avance… C’est un truc d’amateur du jeu d’échecs.
TDB: Votre qualité dont vous êtes le plus fier ?
King GNAHO: Je vois le bien en tout le monde. Je suis un esprit vraiment ouvert et c’est pour cela que je rejette tous les dogmes et croyances discriminatoires qui indexent les différences physiques ou de pensées. Je suis un adepte de la liberté absolue et du fait que les lois et la société devraient responsabiliser chacun en ce qui concerne les conséquences de cette liberté absolue.
TDB: Si vous secouiez une lanterne, qu’un génie en sortait et vous demandait de faire un vœu, un seul, lequel feriez-vous ?
King GNAHO: Etre capable de me rendre heureux en toute circonstance.
TDB: Qu’emmèneriez-vous sur une île déserte ?
King GNAHO: La santé parfaite et immuable si je suis seul et l’immortalité, si j’ai une belle femme à contempler…
TDB: Qui est votre personnage préféré ?
King GNAHO: Sherlock Holmes, le fameux détective excentrique au flair imparable créé par Sir Arthur Conan Doyle…
TDB: Pourquoi ?
King GNAHO: Cette science de la déduction basée sur l’observation… L’observation dans les moindres détails est l’une de mes qualités c’est d’ailleurs pour cela que je fais ce métier. Et puis, j’aime le personnage dans son entièreté, son rapport aux femmes, son addiction à la réflexion, et cette faculté à penser que la cervelle est comme une boite à outils et que par conséquent, il ne faut y mettre que les outils dont on a besoin. Il faut donc s’épargner les connaissances superflues pour être efficace dans ce que l’on fait…
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TDB: Votre chanson préférée de tous les temps ?
King GNAHO: Je suis un musicien amateur mais un vrai passionné. Dernièrement, j’écoute beaucoup deux jeunes musiciens nigérians absolument uniques : Adékunlé Gold et Simi. Sinon, je n’ai pas un morceau fétiche en tant que tel mais plutôt des morceaux venant de musiciens géniaux que j’écoute tels que Sagbohan Danialou, Robinson Sipa, Lionel Gilles Louêke, Adjahoui, Fela Kuti, Bob Marley, Peter Tosh, Buju Banton, John Coltrane, Otis Redding, GG Vickey et le Poly Rythmo. J’ai plein de musique dans ma tête !
TDB: Votre personnalité préférée, celle avec qui vous souhaiteriez un dîner en tête à tête ?
King GNAHO: Je n’en ai pas vraiment une. Si je dois rêver d’un tête-à-tête avec une personne célèbre actuellement, je choisirai Quentin Tarentino parmi tous les réalisateurs dont j’apprécie le travail. J’aurais quelques questions à lui poser…
TDB: A contrario, la personnalité avec laquelle vous souhaiteriez ne pas vous retrouver à table
?
King GNAHO Rires… Non pas vraiment, je ne vois pas. Je vous ai dit que je vois le bien en tout le monde…Personne n’est aussi mauvaise pour ne pas mériter, ne serait-ce que l’écoute.
TDB: Quel est votre objet fétiche (hors bien sûr un appareil photo) ?
King GNAHO: Je n’ai pas d’objet fétiche. Les objets font partie des choses que l’on peut perdre comme on peut perdre des êtres chers qui valent plus que ces objets. Alors il ne faut vraiment pas accorder aux objets plus d’importance qu’ils n’en ont.
TDB: Quelle est la couleur qui vous inspire le mieux ?
King GNAHO: Le gris… Cette couleur décrit mieux le monde qui n’est ni noir, ni blanc…Mais pour moi, techniquement, les couleurs n’existent pas en principe. Il n’y a que des nuances et des teintes perçues comme des couleurs selon la quantité ou la qualité de lumière en présence et selon les matières…
TDB: Si vous deviez donner un conseil à un jeune qui souhaite suivre votre parcours ?
King GNAHO: Lire. Lire et lire…. Il faut lire tout ce qui vous tombe sous la main et être curieux de tout. Mon parcours n’est pas exemplaire mais j’ai eu la force de ne pas m’arrêter au premier obstacle quel qu’il soit et je continue d’apprendre et d’étudier. Il ne faut juste pas s’arrêter de pédaler et la bicyclette avancera. On peut tout faire avec un peu de passion, d’intelligence et de stratégie (qui inclut une méthode).
Nous allons finir avec votre autre dada : l’anglais. Quelle est la question que j’aurais dû vous poser et que j’ai omise ? Posez-la en anglais, répondez y en anglais, et pensez à traduire pour nos lecteurs.
King GNAHO: rires…ok!  Why do people call the director of photography « directeur de la photographie » in French? Pourquoi les français ont choisi de designer le « director of photography » anglopohone par le terme « directeur de la photographie » ?
Well, it’s the story of how an error in translating a word became the rule and the usage. When we say director in English, it’s normally meant to be the equivalent of the French word réalisateur, I mean someone who directs the movie. And as such, people used to say director of photography in English to make the difference between the filmmaker that directs the whole movie and the one that directs photography. But it’s just so happens that the English word director was mistranslated for “directeur” in French instead of Réalisateur as it should be, which is why the French now calls cinematographers “directeur de la photographie”. When the French finally figured out there was something wrong about it, they coined a new word to designate cinematographers. They now refer to themselves as Chef Opérateur…
C’est l’histoire de comment une erreur de traduction peut entrer dans l’histoire comme étant la règle et ainsi consacrer l’usage. Quand les Anglais disent « director », ils veulent désigner au cinéma, le réalisateur c’est-à-dire la personne responsable de la fabrication artistique et qui est auteur du film. On désignait alors les directeurs photos par le terme « director of photographie » pour dire qu’ils réalisent l’image et ainsi faire la différence entre eux et celui qui réalise le film. Mais il est arrivé qu’en traduisant le terme « director of photography », les Français ont juste dit directeur de la photographie au lieu de réalisateur de la photographie. Et l’erreur de traduction est devenue la règle pendant longtemps. Dès qu’ils s’en sont rendu compte, ils ont adopté un autre néologisme à savoir Chef Opérateur, pour désigner les directeurs photo. Donc en français correct on devrait dire que je suis un Chef Opérateur. Mais les usages ont la peau dure…
TDB: Votre mot de la fin?
King GNAHO: Merci pour ces précieux moments et longue vie à votre blog!
           Interview de Carmen Toudonou
                              Talents Du Bénin

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