Sènami, l’artiste qui illumine l’univers artistique béninois par ses créations

Jeune, belle, dynamique hyperactive, drôle et sans complexe, Sènami est l’artiste que nous vous invitons à découvrir après tant de mois de silence. Derrière son sourire inoffensif, se cache une jeune femme de feu, femme artiste que s’arrachent les jeunes auteurs, assoiffés tant par la beauté de la couverture de leurs chefs-d’œuvre que par les illustrations claires et limpides qu’offrent les généreux doigts de la fée au crayon magique. Sènami, femme à projets , Sènami femme généreuse, découvrez avec nous, celle que la providence a dotée du don tant convoité de « savoir crayonner »…

TDB: Bonjour, Présente-toi s’il te plaît à nos lecteurs?

Hermance Senami Donoumassou. Ou Senami tout court.

TDB: Quel est ton parcours académique et professionnel ?
Sènami:  Un cursus classique. Mais j’ai fini avec une licence en Administration Générale et Territoriale en 2012.
TDB:  Tout de même de l’administration au crayon! Qu’est-ce qui te passionne le plus entre les deux ?

Sènami: Je crois que la passion, elle est claire!!! Le crayon c’est magique (rire). Il permet de se créer un monde et de l’adapter au fur et à mesure, comme on veut. L’administration, c’est plutôt rigide et pas mal de règles à suivre.

IMG-20171228-WA0020
TDB: Penses-tu valorisant, de développer un don plutôt que de le maintenir à l’état pur ? Si oui, comment améliores-tu cette capacité à imager artistiquement tes pensées ou celles des autres ?

Sènami: Dans l’une des paraboles de la bible, on a parlé des talents. Et la leçon principale à tirer de cette parabole est que, quand on a un talent, il faut le multiplier, le développer. Ce qui n’évolue pas à un moment donné, est appelé à s’éteindre.
Quand on a un don, le maintenir à l’état pur n’en fait pas encore quelque chose d’extraordinaire. C’est en le travaillant à le développer, en faisant des choses avec, que le don prend tout son sens. Même une Pierre précieuse à besoin d’être taillée et polie pour devenir un bijou 😊

TDB: De quoi t’inspires-tu pour en arriver à tes créations?

Sènami: La capacité à imaginer artistiquement mes pensées ou celle des autres. Je dirai, le plus grand talent que Dieu m’ait donné, et ceux même avant le dessin, c’est peut être de voir derrière un simple tas de sable les centaines de millions de grains qui pourraient le composer. J’apprends à observer la nature, les hommes et cela m’aide à mieux exprimer mes pensées et celles des autres du moins dans la création. Apprendre à regarder, comprendre pour mieux rendre.

illu sènami3 (1).jpg

TDB: Explique-nous le processus que tu suis pour réaliser tes œuvres ?
Sènami: Comme je suis dans différentes disciplines, le processus n’est pas le même pour chaque discipline; Mais globalement, ça part d’une idée. Des recherches, et la phase pratique
Bah pour une illustration de livres. Généralement il y a deux cas. Le premier cas, où dès la première lecture de l’histoire je suis tout de suite inspirée. Quand tel est le cas, j’ai une idée claire du travail à faire jusqu’au moindres détails. Et le deuxième cas où, l’inspiration traine et où il faut que je fasse beaucoup de recherches pour mettre la machine en marche… Dans tous les cas après la recherche, de façon générale? il y a la recherche des personnages, du décor et les premiers crayonnés qui illustrent le texte.
Comme je travaille sur à partir de mon ordinateur, je scanne les crayonnés pour finir l’encrage et la mise en couleurs sur PC.
Mais lorsqu’ il s’agit d’une petite illustration, j’y vais directement sur pc.

TDB: Quels thèmes y abordes-tu ? 

Sènami: Dans l’illustration, j’aborde un peu de tout mais très souvent les faits de société et l’histoire. Mais comme Je travaille beaucoup avec des gens qui veulent juste illustrer leurs textes, les thèmes varient et je m’adapte à leurs besoins.
Par contre en arts plastiques, quelque soit le thème, j’axe toujours sur l’homme grand H vu de l’intérieur par lui-même. Sa dimension d’être unique, les questions qu’il se pose, sa destinée, sa vie dans la société etc. Je mets en valeur aussi la femme son rôle et sa place dans la société.

illu senami1.png

TDB: Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Sènami: De façon globale, étant passionnée par l’image, je me nourris beaucoup sur Internet, de mon environnement immédiat mais aussi de mes échanges avec mon entourage. Je discute beaucoup. J’aime avoir les points de vue personnels de mes amis sur certains sujets. Ça me nourrit dans mon travail, la diversité de leurs réponses.

TDB: Puisque tu en fais une profession, quel est le cœur de cible de ta clientèle ?

Sènami: En illustration, les écrivains ou tout porteur de projet d’illustration, le domaine de l’édition, les institutions privées, les particuliers etc. En arts plastiques, mes créations, je ne cible pas forcément.

TDB: L’Art nourrit il son homme au Bénin quand on sait que peu de personnes en connaissent l’utilité ?
Sènami: Quel que soit le domaine de travail ou le métier, la capacité à en vivre dépend de chaque individu. Pour en vivre, je dirai qu’il faut être dynamique et multidisciplinaire. Mais ce qui est bien, c’est que telle discipline artistique enrichit la pratique de l’autre. Pour ma part, en plus de l’illustration et de l’art, le design graphique et ma marque de t-shirts me permettent d’avoir une vie décente. Ce n’est pas gagné dans un pays où il faut se battre pour maintenir une vie plus ou moins aisée. Je crois également qu’il faut intéresser les jeunes à la chose artistique afin de faire une génération d’amoureux de la chose artistique.

illu senami2.png

TDB: Rencontres-tu des difficultés dans l’exercice de cette activité?
Sènami: Bien sûr, j’en rencontre! En premier le matériel. On n’a pas de matériel professionnel dans le milieu artistique au Bénin. Ce dont nous disposons, est destiné au bricolage ou à la menuiserie. En dehors de cela, c’est comme si dans l’imaginaire du béninois, l’artiste n’a pas besoin de vivre. L’importance du travail créatif est encore très minimisée. Il faut être fort dans la tête pour ne pas se laisser payer par des miettes. Et même là encore…

TDB: Dis-moi Sènami, quelle place occupe la femme dans le milieu artistique africain, voire béninois?

Sènami: La femme béninoise peut s’épanouir dans le milieu artistique. Sa place reste grandement inoccupée.C’est maintenant à nous les femmes de venir investir le milieu, d’oser faire le saut, et d’aller au delà des préjugés. C’est vrai que ce n’est pas facile, mais tout est possible à qui le veut vraiment. Il faut démystifier l’art et initier les jeunes filles dès le bas-âge en les encourageant vivement.

TDB: Travailles-tu avec d’autres collègues femmes ?

Sènami: Oui dans le domaine de l’art contemporain il y a des femmes et même si nous ne sommes pas nombreuses, nous collaborons de temps en temps sur différents projets

TDB: Que conseillerais-tu à une petite fille qui envisage de s’épanouir en Arts comme toi ?

Sènami:  Rêver, travailler et être dynamique. Ne surtout pas baisser les bras face aux difficultés et aux regards extérieurs. Le discours de la femme dans le domaine artistique est toujours différent de celui de l’homme car le regard n’est pas le même.

moiii22.jpg

 

TDB: Tu as participé à un festival récemment en France, peux-tu nous en dire plus là dessus ? 
Sènami: le « no-Mad festival », je n’ai pas participé en thème de travail, mais comme une visiteuse. Ça tombait dans la période du séjour et comme c’est organisé par l’office de tourisme de Pontoise, la délégation béninoise y était comme invité. Mais on n’a pas exposé. C’était bien. Ambiance très conviviale et les gens sont sortis sur les trois jours . c »était bien animé, très festif et convivial. J’ai pu apprendre un tas de choses qui pourraient me servir plus tard.

TDB: Des projets à faire connaître ?

Sènami:  Non pas vraiment. Le temps les révélera au public

TDB: Le dernier livre que tu as lu ?

Sènami: Origines, 130 pensées de sages africains. Danielle et Olivier Föllmi

TDB: Ta boisson préférée ?
Sènami: Du sirop de gingembre mélangé à du tamarin

TDB: Conclue l’entretien s’il te plaît! 

Sènami: Merci pour ce moment d’échanges, j’invite la population béninoise à davantage soutenir les Artistes, ne serait-ce qu’en se rendant aux festivals gratuits, acheter les œuvres des artistes si leur budget le leur permet. J’invite les parents à encourager leurs enfants à cultiver leur passion, même si cela ne devient pas métier plus tard, ça peut contribuer à leur épanouissement personnel. Pour finir, je dis Merci à l’équipe Talents du Bénin et à toi Yèmissi pour ce créneau que tu m’as attribuée.

Pour contacter Sènami: www.leblogdesenami.com

Interview proposée par Yèmissi Fadé

Talents  Du Bénin

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.