Jean-Louis Kédagni, humoriste & conteur

Jean – Louis Kédagni est un jeune comédien béninois qui  a tôt su faire sa place dans le cercle des Hommes du théâtre au Bénin. Petit de taille mais grand de tête, son parcours force l’admiration car il ne lésine pas sur ses capacités pour s’épanouir dans ce qu’il sait faire.  Avec un sens de l’humour  élevé et contagieux, Jean -Louis a d’abord été autodidacte avant de se faire former et d’initier à son tour un festival scolaire… Découverte!


« Je me suis donné à l’art scénique depuis le cours primaire et réellement depuis  la classe de seconde. C’est à travers les festivals Ayessi  – organisé par Florent Eustache Hessou – et  Kaléta  – d’Orden Alladatin –  que j’ai pris mes marques. Au départ, mes parents n’étaient pas du tout d’accord. Je me rappelle, de leur réaction lorsque je rentre de mes répétitions… il y avait toujours les chicottes qui m’attendaient à la maison. J’acceptais la punition des parents et j’ai persévéré parce que j’ai une passion pour le métier. Je savais que le théâtre est un métier comme tout autre ».
Cet ancien élève de l’Ecole Internationale de Théâtre du Bénin (EITB), conscient que le travail bien fait et la persévérance portent toujours de fruits,  n’a pas baissé les bras malgré l’opposition catégorique de ses parents.

 Il pense, à l’opposé de plusieurs de ses collègues, que le théâtre peut nourrir son homme au Bénin. Il suffit, explique-t-il, de travailler, de croire en ce que l’on fait et de donner au public ce dont il a besoin. Ce faisant, poursuit-il, on aurait inculqué à ce public la culture d’aller au théâtre avec intelligence,
« Dans la mime, son expression corporelle séduit tout public », témoigne Paterne Tchaou, journaliste culturel.
Depuis quatorze ans, il s’investit dans la pratique artistique dans le monde scolaire. En effet, le jeune comédien de Djakotomey a initié en 2004, le Festival Scolaire de Théâtre et de Chorégraphie (Festhec) dont le but est de mettre en place une occasion annuelle d’échange artistique entre les apprenants des établissements scolaires.

  « Ce festival est né en 2004 suite à une participation au festival Kalétas, explique t-il. J’avais constaté qu’il y a une émulation, une saine envie de faire et de vivre de l’art au sein de nous jeunes. Je m’étais alors  demandé, pourquoi au sein de nous jeunes,  ne peut-on pas initier quelque chose pour préparer la relève? Parce qu’à mon sens, si nous devions attendre nos aînés pour préparer cette relève, alors nous allons errer tout le temps; ils ne vont jamais nous céder leur place… C’est comme cela que l’idée est venue et nous avons initié le festival à travers l’Association des Jeunes pour le Développement de la Culture (AJEDEC) que je dirige ».
Cet événement constitue donc un creuset où le jeune promoteur amène les élèves des lycées et collèges du Bénin à aimer l’art dans toutes ses dimensions.
Content de son initiative, il s’exclame en ces mots : « je suis satisfait du chemin parcouru. Il y a des gens qui n’ont jamais fait le théâtre, qui n’ont jamais fait la musique. Mais à travers le FESTHEC, ils ont découvert l’art et sont des acteurs culturels aujourd’hui. Il y a certains qui sont devenus des promoteurs. Comme exemple, on a Karl Tokoudagba qui est le promoteur du festival de théâtre et des danses traditionnelles dans le nord. Nous avons Franck Béhanzin qui est un comédien professionnel. D’abord, il est venu en tant que festivalier et ensuite membre du comité d’organisation. Je crois qu’il était en classe de première. Il y a Lucas Alovo, Charelle Honvo et bien d‘autres qui ont pris par mon festival. Je ne dis pas que le FESTHEC forme mais il donne le goût de faire. Aujourd’hui, on ne peut pas parler de jeunes comédiens béninois sans citer Franck Béhanzin, Charelle Honvo
En matière de musique et de danse, nous avons des danseuses qui sont venues sur le festival qui sont aujourd’hui au ballet national et qui vivent de la danse. Quelle fierté ! Le grain que nous avons semé a donné de bons fruits ».
Le vœu de Jean – Louis est de doter le Bénin d’un festival scolaire de très grande importance. Il a érigé, depuis environ deux ans, à Alègléta – une localité très peu fréquentée par les artistes – dans la commune d’Abomey – Calavi un espace culturel qui porte le nom de son festival. Bien animé, ledit centre accueille régulièrement des showacases, masterclass et spectacles de tous genre. En ouvrant ce centre, son idée est de rapprocher davantage les créations artistiques des populations.
« C’est un jeune dont l’engagement ne souffre d’aucune faiblesse. L’Etat béninois gagnerait à œuvrer pour la promotion d’un si bon talent », pense Paterne Tchaou.

Esckil AGBO

Talents Du Bénin (c) Octobre 2017

 

8 commentaires

  1. Bonjour Jean Louis, mes Félicitations et surtout courage pour la suite. trouver sa place au soleil se traduit par un travail acharné et quotidien.
    dites moi, quelles sont les particularités de l’humour Béninois ? c’est dans le cadre de la réalisation d’un projet pour utiliser l’humour dans la prise en charge holistique des enfants en pédiatrie

    Aimé par 1 personne

  2. Je confirme que JL comme nous le nommons affectueusement est un humoriste né.j’ai participé aussi à son festival et j’ai vu faire. Vivement que les autorités se rendent compte qu’il faut qu’on le soutienne.courage JL,tu as tout notre soutien.

    Aimé par 1 personne

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