Myrtille Akofa Haho, écrire des chiffres, écrire des mots…

La journée des amoureux -pour ceux qui y croient évidemment-, nous la matérialisons par la découverte d’une amazone à la plume enjouée. Son univers est fait de chiffres et de vers, et elle les combine si allègrement qu’on se demande comment y arrive t-elle sans écrire ax+b = y dans ses publications!. Ne réfléchissez pas trop!  Akofa  Myrtille est comptable et écrivaine. Dans cette interview, vous avez l’opportunité de tout savoir sur elle et ses activités. Bonne lecture

Y. Fadé

 

 

TDB : Présentez-vous à nos lecteurs s’il vous plait ?

Mytille A. HAHO : Je suis Myrtille Akofa K. HAHO, résidante au Bénin et Béninoise. Je suis gestionnaire-comptable de formation et une passionnée de la littérature et des arts sous toutes leurs formes.

 

TDB : Parlez-nous de vos parcours académique et professionnel?

Mytille A. HAHO : J’ai eu un parcours scolaire assez linéaire. Après l’obtention de mon Brevet d’Etudes du Premier Cycle, j’ai fait un second cycle dans l’enseignement technique où j’ai obtenu un baccalauréat série G2 en comptabilité. Après, j’ai continué mes études à l’université d’Abomey-Calavi en Facultés des Sciences Economiques et de Gestion. Professionnellement, c’est assez intéressant d’exercer ce qu’on a appris et puisqu’on ne cesse jamais d’apprendre, j’en apprends chaque jour un peu plus dans l’exercice de mon travail.

 

TDB : Qu’est ce qui amène une comptable à écrire des mots et pas que des chiffres ?

Mytille A. HAHO : Ecrire est une passion pour moi depuis toujours. C’est vrai qu’au début c’était plus un passe-temps pour moi car je ne pensais pas à la publication. C’est surtout un canal d’expression pour moi car tout ne se dit pas mais tout s’écrit.

 

TDB : L’écriture (pas celle comptable) remonte donc à quand ?

Mytille A. HAHO : Mes débuts remontent à…. je ne sais plus quand….. Rires. Entre mon journal intime entamé depuis le collège, mes écrits à la fac ou ma rencontre avec le public grâce aux concours d’écriture, je ne saurai vraiment donner une date exacte de mes débuts en littérature. Je me vois surtout comme un écrivain en devenir. Je façonne toujours mon art grâce aux lectures, aux rencontres avec les écrivains et les échanges avec eux. Du coup, c’est surtout une formation et pas une consécration.

 

TDB : Qu’écrivez-vous concrètement alors ?

Mytille A. HAHO : Je ne choisis pas le genre auquel je m’adonne. Ça dépend de l’inspiration et de la forme que j’aimerais donner à mes réflexions. C’est ainsi que je me suis essayée au roman, à la nouvelle et à la poésie.

 

 

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Son ouvrage « Escalades », un recueil de poèmes

 

TDB : Spéficifiquement, qu’y dépeignez-vous ?

Mytille A. HAHO : Ce qui caractérise mes écrits, c’est le besoin d’atteindre la perfection, l’envie de communiquer avec chaque lecteur, le ravissement d’avoir pu porter telle ou telle pensée d’un lecteur. Chaque ligne écrite doit pouvoir être une interrogation, une suggestion ou un fait qui interpelle. C’est la mission qui s’est dégagée de mes écrits sans que je ne m’en rende compte moi-même. Et ce but se poursuit à chacune de mes productions littéraires.

 

TDB :Parlez-nous de vos publications actuelles ?

Mytille A. HAHO : J’ai publié courant Mai 2016 mon premier recueil de poèmes « Escalades » où il s’est agi d’interroger, de parler au lecteur à travers de la prose par les émotions, les images transmises et les ressentis. En 2012, j’avais eu à publier une nouvelle « Fou d’amour, fou sans Kéfia » dans le recueil de nouvelles « J’ai péché » issu du concours national d’écriture Plumes dorées.  Cette nouvelle relatait un drame vécu par un homme qui avait perdu sa bien-aimée et en était devenu fou. Après, il y a eu d’autres nouvelles publiées dans des anthologies béninoises auxquelles j’ai participé:

– Odyssée accomplie dans l’anthologie Mandela, la Grande rencontre

– Confession de mes nuits blanches parue dans le recueil de nouvelles féminines « Dernières nouvelles des écrivaines du Bénin » J’y aborde le drame, la souffrance humaine, l’amour dans tous ses états, nos us et coutumes…

 

TDB : Parlez-nous de la publication et de la distribution de votre livre ?

Mytille A. HAHO : Je publie à compte d’auteur et d’éditeur. Je fais les deux expériences en ce moment. Ici au Bénin, le financement de la sortie d’un livre est assez délicat et requiert plusieurs paramètres. Pour le moment, je compte sur mes propres ressources et éventuellement sur les âmes généreuses.  Mes livres sont disponibles à la librairie NOTRE-DAME et Sonaec à Cotonou, à mon niveau et au niveau de mon éditeur actuel, les Editions Savane.

 

TDB : Avez-vous eu des retours de vos lecteurs ?

Mytille A. HAHO : Oui j’ai souvent des retours de mes lecteurs. Il faut dire qu’internet aidant, leurs appréciations me parviennent dès la lecture. Ils participent ainsi aux nouveaux projets d’écriture que j’ai grâce à leurs apports et suggestions.

 

TDB : Votre appréciation par rapport à l’actualité culturelle béninoise ?

Mytille A. HAHO : Le monde culturel béninois est un monde très créateur. J’y vois chaque jour l’éclosion de nouveaux talents formidables et le travail aguerri des anciens du milieu. Et chacun y trouve son chemin tant qu’il se bat avec volonté et travail acharné.

 

TDB : Avez-vous des modèles ? Si oui lesquels ?

Mytille A. HAHO : J’ai surtout des modèles de qualité réunis en plusieurs personnes. Je tairai leurs noms ici mais j’apprécie vraiment l’effacement de certaines personnes qui écrivent du beau, sont humbles et ont un cœur généreux. J’ai pour modèle le combat de ceux qui ne sont plus de ce monde et dont les œuvres nous aident à mieux réaliser notre traversée ici-bas. Ils constituent pour moi des héros du silence dont la voix continue de résonner dans chaque page, chaque mot de leurs livres. A travers leurs écrits, ils ajoutent un peu de couleurs et d’épices à notre existence. J’ai aussi pour modèle tous ceux qui gardent un cœur d’enfant et qui acceptent toutes les différences chez leurs semblables.

 

TDB : Le dernier livre que vous ayez lu ?

Mytille A. HAHO : Je lis constamment un peu de tout. Mon dernier livre lu est  « Un os dans la gorge des dieux » de Gaston Zossou.

 

TDB : Comment conciliez-vous profession et passion ?

Mytille A. HAHO : Assez facilement. J’évite de ne pas ressasser mes obligations personnelles lorsque j’ai l’inspiration pour écrire. Et je ne force pas. Je fais la part des choses. Mon univers d’écriture est très opposé à ma vie de tous les jours.

Je pratique aussi la danse. Je pense que si je n’écrivais pas, j’aurais tutoyé les pistes de danse. (Rires)

 

TDB : Avez-vous des projets de publications ou autres qui méritent d’être sus ?

Mytille A. HAHO :  Mes projets actuels sont: la sortie de deux différents genres que j’écris en ce moment : de la poésie et du roman. Je souhaite comme toujours un accueil favorable à mes œuvres par le public, le souffle divin qui donne la force de continuer et un peu de bonheur.

 

TDB : Votre mot de fin ?

Mytille A. HAHO : Je remercie infiniment tous ceux qui m’ont soutenue jusque-là. Tous ceux qui ne se lassent jamais de faire partie de mon univers et je nous souhaite à tous en ce début d’année tout ce que nos cœurs désirent. Merci à Talents Du Bénin pour ce travail. Merci Eliane C. Yèmissi  Fadé

 

Interview proposée par Yèmissi Fadé

Talents Du Bénin

(c) Tous droit réservés

 

6 commentaires

  1. pouvoir combiner les chiffres et les lettres pour faire éclore des vers et permettre des escalades dans le temps et l’espace, voilà une belle activité. Merci « Talents du Bénin » pour tout ce qui se fait en cachette pour que surgissent au grand jour tous ces talents. Bon vent à l’écrivaine, et que vive la plume béninoise

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  2. Pouvoir combiner les chiffres et les lettres pour faire éclore des vers et permettre des escalades dans le temps et l’espace, voilà une belle activité. Merci à « Talents du Bénin » pour tout ce qui se fait en cachette pour que surgissent au grand jour tous ces talents. Bon vent à l’écrivaine, et que vive la plume béninoise….

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  3. En découvrant l’annonce de cette interview, j’aurais dit que cette auteure n’aura d’inspire que pour écrire des livres de Mathématiques ou, des combinaisons de formules faciles à bûcher pour nous plonger dans les abîmes de la comptabilité au point d’y prendre son pied. Mais au contraire, c’est la grande amitié entre les Thalès et Arthur Rimbaud & compagnie. Bravo à l’auteure que je prendrai du plaisir à lire un de ces quatre et Merci à TBD pour ces ces coups de projecteur numériques sur les mines d’or béninoises.

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