Christel Sydneh Jihouan , écrivain et passionné de communication

Un regard perdu dans l’horizon pour marquer le caractère infini et illimité de ses projets… Calme, chaleureux et ambitieux, il sourit à la vie et elle le lui rend! Christel Sydneh sait saisir les opportunités, il ne lâche rien quand il s’agit de se battre et de s’affirmer! Pour lui, il n’y a pas de hasard…Il se prête au jeu du destin et « Talents du Bénin » lui prête à son tour son espace virtuel, pour lui permettre d’y apposer ses empreintes.   Y. F 

TDB: Présentez-vous à nos lecteurs ?

Christel JIHOUAN:  A l’Etat civil, je suis  Christel Sydneh Vignon JIHOUAN. J’ai vu le soleil pour la première fois un jeudi 1er mai à Cotonou. En couple, je suis originaire de Porto-Novo et j’assume actuellement la fonction de chargée Clientèle dans une entreprise de la place.

TDB: Parlez-nous de votre parcours académique?

Christel JIHOUAN: Mon goût pour la philo et la littérature en général a instillé en moi le désir d’étudier la psychanalyse à l’université après mon baccalauréat A1 en 2006 au CEG Akpakpa-Centre, à Cotonou. Mais hélas ! L’Université d’Abomey Calavi (UAC) ni aucune école formelle n’offrait cette formation sur cette partie de la terre où je suis né et où j’ai voulu l’apprendre.  J’étais donc résigné à choisir une formation afférente : la Sociologie-Anthropologie. J’ai pu étancher cette soif de vouloir beaucoup savoir sur les mécanismes psycho-émotionnels et culturels qui orientent les comportements humains, en obtenant une Maîtrise que j’ai soutenue sur le thème : « Analyse anthropologique de quelques formes de communication liées aux imprimés sur les tissus chez les Guin, Fon et Goun du 3ème arrondissement de Cotonou ». Je m’en suis sorti avec une très bonne mention.

 

TDB: Qu’en est-il de votre profession?

Christel JIHOUAN: J’aimais communiquer…(Rires) …Non, j’aime communiquer ! J’aurais pu faire carrière en journalisme.  De plus, mes compétences ont intéressé une multinationale au Bénin où je suis chargé de la clientèle. Mais à défaut d’un parcours  professionnel en communication, l’univers a secrètement conspiré pour que je passe entre les doigts des meilleurs de la presse écrite et audiovisuelle au Bénin  (Le Matinal, La Nation, l’ORTB). Bien avant, j’ai été Conseiller Service Clientèle à Distance sur France-Telephony, puis stagiaire de l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi (ANPE) à la Direction de la Programmation et de la Prospective du Ministère du Commerce et de l’Industrie. En bref, je suis à ce jour, Chargé de clientèle.

 

TDB: Ecrivez-vous, pour pallier à ce rendez-vous manqué?

Christel JIHOUAN: Je dirai un peu (Rires). Au fait, je n’étais pas parti au départ pour écrire un livre. Entre 2006 et 2007, la radio Océan FM avait dans sa grille des programmes,  une émission nocturne dénommée  « Une vie, une histoire » animée par le célèbre animateur Franck-Alain DOTOU,  laquelle émission est devenue plus tard « Narcose ». J’étais un auditeur fidèle de ladite émission. Au début, j’écoutais l’histoire des autres et un jour je me suis dit pourquoi ne pas en proposer une ? Et tout est parti de là.

 

 

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Son premier livre « Entre l’esprit et la matière »

 

Le retour positif des auditeurs ce jour-là (les sms, les commentaires en direct, les appels téléphoniques, les réactions…) a été l’élément déclencheur. Leurs demandes de nouveaux textes, leurs encouragements… C’était tout simplement jouissif ! Voilà comment je me suis mis à écrire. Et plus tard, j’ai décidé d’en faire une compile des huit meilleurs et de les publier pour un deuxième volume. Ce sont les auditeurs qui m’ont suggéré cette idée de partager les couleurs de la vie au Bénin au travers d’histoires, avec le reste du monde. Une idée très positive dans le fond, que j’ai fini par épouser. J’adore écrire ! D’ailleurs, parler et écrire, c’est ce que je sais faire le mieux (Rires).

TDB: Depuis quand avez-vous commencé à écrire?

Christel JIHOUAN: Depuis 2007 ! C’était mes premières années à l’université. J’ai ce vilain défaut de très vite me détacher de tout ce qui me contrarie. Et la souplesse des calendriers de la faculté m’offrait beaucoup de temps pour m’amuser avec mon esprit, l’utiliser pour ériger ou déconstruire tout ce qui m’était intellectuellement possible, admis ou interdit. La gratification émotionnelle que cela procure n’a pas de nom.

TDB: Quel est votre domaine de prédilection en matière d’écriture?

Christel JIHOUAN:  Poèmes – Nouvelles – Essai – Roman. Mon premier roman, je l’ai moi-même dissout car je l’ai trouvé plus tard peu authentique. Je travaille actuellement pour une prochaine parution.

TDB: Quels thématiques y abordez-vous souvent?

Christel JIHOUAN::  J’écris essentiellement sur l’amour et la mort (deux émotions extrêmement agréables et  violentes  à la fois); à cela s’ajoute la spiritualité qui sert de pont pour relier le tout, pour pouvoir comprendre ces deux phénomènes, les voir sous d’autres aspects tout en gardant sa neutralité. Dans mes écrits, j’aime également surfer sur les contrastes religieux et culturels : ce qui évoque dans notre contexte socioculturel africain la thématique de l’éducation, de la tolérance, des croyances profondes qui restreignent ou réduisent et élargissent parfois l’accès à notre épanouissement personnel. Par ma plume, je permets au lecteur d’apprécier tous les faits de l’existence d’un point de vue transcendant, je l’emmène au-delà des jugements de valeur et des considérations mentales, une sorte d’invite à l’élargissement de ses horizons personnels. Cela c’est mon ambition, mon souhait. Mais est-ce que j’y parviens ? Seul un lecteur saura y répondre !

TDB: Avez-vous des retours de vos lecteurs ?

Christel JIHOUAN: Au début lorsque les textes étaient lus à la radio, Oui ! Le retour était systématique. Parce  que vous laissez votre contact en signature : ce qui impliquait que l’animateur était autorisé à le communiquer à vos auditeurs, vos potentiels lecteurs ou fans. Cet exercice remonte déjà à près de 10 ans. Et pourtant… imaginez-vous ouvrant votre boite mail ou vous connectant à un de vos comptes d’amis virtuels, et découvrant le message laissé par quelqu’un à l’autre bout du monde qui vous parle d’une de vos
histoires datant de cinq ans, ou qui vous pose une question relative à une idée quelque peu rebelle, avancée dans votre livre. Dans certains cas, ça m’a laissé un sentiment singulier bienfait, d’avoir été utile à quelque chose.

 

livre-2-sydn
Son deuxième ouvrage

TDB: Comment conciliez-vous votre profession avec l’écriture ?

Christel JIHOUAN: Le monde moderne a tellement d’exigences que les contraintes de la lutte pour la survie gagnent du terrain sur l’entretien de nos passions. En témoigne le temps fou que j’ai mis à répondre à vos précieuses questions sur ce que j’aime vraiment faire. Depuis que je suis rentré dans le « Rate Race » (diplôme – boulot – métro – dodo), je trouve de moins en moins le temps d’écrire. Et pourtant mon envie n’a pas maigri. C’est pourquoi je dois atteindre la liberté financière d’ici cinq ans et consacrer le reste de ma vie à faire en majorité les choses que j’aime.
TDB: Etes-vous en réseau avec des écrivains béninois ?

Christel JIHOUAN: Non, pas vraiment. Quelques-uns comme Daté Atavito Barnabé Akayi que j’ai rencontré un après-midi à l’Institut Français dans le cadre d’une interview relative à un de ses ouvrages. Personnellement, sans prise de tête, si j’ai vraiment un talent, je me dois de travailler à éclore ma lumière par moi-même pour attirer positivement sur moi l’attention des grands. Si je ne suis pas encore identifié, c’est que je ne travaille pas encore assez. « Quand l’élève est prêt, le maitre apparait », dit-on.

TDB: Votre lecture de la Culture au Bénin de nos jours?

Christel JIHOUAN: « La culture est un ensemble lié de manières de penser, de sentir et d’agir plus ou moins formalisées qui, étant apprises et partagées par une pluralité de personnes, servent, d’une manière à la fois objective et symbolique, à constituer ces personnes en une collectivité particulière et distincte ». Voilà une des définitions que je garde de mes cours d’anthropologie. Au-delà du fait qu’au Bénin, il en existe une variété pas facile à dénombrer, nous avons nous-mêmes du mal à en ériger une et la brandir parce que chacun veut placer la sienne au premier rang sur la « place du marché ». Le Vodoun en tant que pratique religieuse revêt multiples aspects aussi bien culturels que cultuels que nous pouvons brandir, vendre avec très peu d’efforts. Si même le Vatican identifie le Bénin comme une terre « vodoun », c’est qu’en tant qu’Africain, Béninois, Noir bon teint, nous pouvons retenir l’attention de cent Européens/Américains à la fois, durant des heures, juste en leur disant des boniments bien cohérents sur ce sujet-là.
Par ailleurs, je ne jette pas non plus la pierre à tous ceux qui fuient leur propre culture/tradition ou la renient et se réfugient dans celle occidentale. Vous savez, quand vous voyez les personnes chères mourir, un par un comme dans un jeu d’échec sous le poids d’une maladie non répertoriée par la science, ou  bien encore, vous apprenez de source sûre que votre voisine de chambre a accouché d’une gerbe de coton en lieu et place d’un enfant, après neuf mois de grossesse, vous ne visiterez jamais le Centre de Promotion de l’Artisanat de Cotonou. Même les perles ornementales vous feront détaler.

TDB: Avez-vous un modèle dans la vie?
Christel JIHOUAN: Oui, des modèles : Harold Klemp, Olympe Bhêly Quenum, Florent Couao Zotti, Jean Pliya, Paul Twitchell !  En les lisant, j’apprends à simplifier mes écrits, à décharger le plus possible mes pensées avant de les traduire sous forme de parole ou d’écrit. Parce que dans le contraire, nous ne parlons qu’à nous-mêmes, même si on ne s’en rend pas compte.
 TDB Le dernier livre que vous ayez lu?

Christel JIHOUAN: L’ étranger au bord de la rivière, de Paul Twitchell

TDB: Quels sont vos projets et souhaits ? 
Christel JIHOUAN:  Mes projets immédiats : lancer cette année au Bénin « Entre l’esprit et la matière », et révéler le tout premier et le moins connu « J’ai touché l’horizon ». Ce que je veux : c’est être financièrement libre et indépendant d’ici les cinq années à venir, aller découvrir des sociétés autres que la mienne, rencontrer mes lecteurs, me rincer l’esprit, aller au contact d’autres cultures et les apprécier avec des lunettes tout aussi différentes, achever d’autres œuvres entamées, faire des choses que j’aime !

TDB: Votre mot de  fin ?
Christel JIHOUAN: Je dis merci à mes parents pour m’avoir donné la vie et pour m’avoir poussé aussi loin en misant sur moi tout ce qu’ils avaient de meilleur ; infiniment merci à tous les enseignants du Bénin, spécialement ceux qui m’ont instruit, eux sans qui je ne saurais même pas écrire mon propre nom ; merci à Hippolyte DJIWAN sans qui je n’aurais pas connu Talents du Bénin ; un plus grand merci à son initiatrice et à toute son équipe. Merci et plein succès à vous.  « Restons canal pour le bien de l’autre !»

Pour le joindre:   https://www.facebook.com/christsydneh.jihouan?fref=ts

Interview proposée par Yèmissi Fadé

pour Talents du Bénin

(c) Tous droits réservés 2017

23 commentaires

  1. « Le Vodoun en tant que pratique religieuse revêt multiples aspects aussi bien culturels que cultuels que nous pouvons brandir, vendre avec très peu d’efforts »
    Une idée si bien argumentée pour présenter la beauté de sa culture. ça mérite qu’on y réfléchisse.
    Un auteur avec des réponses intelligentes, presque jouissives (mdr ce n’est pas moi qui e dis)
    Mes encouragement

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  2. Garde le cap et persévère Christel Sydneh le meilleur est tout près. Milite dans ta région pour qu’on inscrive ton bouquin au programme scolaire. Les plus petits ont le plus besoin de tes idées.

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  3. Coucou Christel Je vois que tu cartonnes inh au Bénin. Je suis très contente pour toi et que tu réalise tes rêves. Bravo et du Courage. Dieu nous aidera tous à arriver à bout de tes objectifs. Ne m’oublie surtout pas quand tu gagneras tes droits d’auteurs avec la liberté financière et tout… XOX ❤

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    1. Merci Mariam pour tes belles prières… t’inquiète, tu auras ta part sur mes versements de droit d’auteur LOL. Tu es aussi invitée dans la course vers la liberté financière

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    1. Merci Astrid, Pas de point de distribution à Roubaix pour le moment. Mais je te laisse en dessous le lien d’achat pour la commande en ligne. Tu peux être livrée n’importe où. Ce n’est pas un livre documentaire sur le vodoun. Mais tu retrouveras dans la trame du récit ses aspects cultuels, des manipulation de cette force mystique et comment certains l’utilisent pour leurs desseins personnels. Tu y trouveras pour ton compte. Clic juste sur https://www.edilivre.com/entre-l-esprit-et-la-matiere-christel-sydneh-jihouan.html#.WIt8M1PhC00 et acquiers-le. Un gros coucou à Ninon

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  4. Quel récit ☺☺! Entre l’Esprit et la Matière, J’ai Touché l’Horison! Longue vie à tes inspirations Mr JIHOUAN ! plus de succès et de meilleurs illumination Ce sera une grande réussite !
    Salut !!😊

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  5. Merci à chacun et à tous pour vos mots d’encouragement, vos remarques pertinentes, questions, réflexions, like & Share… Sans vous, la principale source d’inspiration, l’auteur n’existe pas… Je suis fortifiée par votre présence virtuelle. Encore, merci!

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      1. Pour toi Yèmissi ce n’est pas une faveur mais un droit! Ton nom est inscrit en lettres d’or sur la page d’honneur pour les exclusivités. Je suis ravi de t’avoir connue aussi. Longue à toutes tes initiatives. « Tu es un canal pour le bien de l’autre »

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  6. Waw, c’est frais !
    Ca respire la vie ici !
    Je suis en incapacité totale de commenter quoi que ce soit, alors je témoigne simplement de mon émotion vis-à-vis de cette partie du cosmos.
    En philosophe raté en puissance…
    Toutes mes sincères salutations !

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  7. oui, il fait vraiment bon vivre ici. cela fait plaisir de découvrir les immenses talents dont regorge le Bénin. Ils ne sont latents, ces talents. On les voit pétiller dans l’univers de la création des œuvres de l’esprit. Car en définitive, il s’agit de surfer entre le corps et l’esprit pour toucher l’horizon. Félicitations à Christel JIHOUAN. Et un très grand merci à Yèmissi Fadéi pur cette fenêtre que tu ouvres pour nous sur les talents du Bénin

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    1. 😊😊 c’est avec plaisir monsieur Mahoulolo Merci au nom de tout ce beau monde dont vous appréciez les efforts. Tous ensemble, on va y arriver. Notre pays en a besoin. C’est donc avec un réclairage plaisir que je m’y consacre. Vous aussi avez sûrement un talent, partagez-le avec nous! Et surtout restez des nôtres. A bientôt !

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    2. Merci Mr Mahulolo pour ces mots d’encouragement bien sincères qui nous soufflent en secret qu’il y a toujours un pas de plus à faire! Le grand mérite revient à Yèmissi Fadé ! Cachée derrière le projecteur, c’est elle qui opère toute la magie.

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  8. bonsoir Yémissi Fadé et christeljihouan. merci pour ce qui se fait. je préfère celui qui se trompe de chemin à celui qui de peur de se tromper ne prend aucun chemin. je crois si j’ai un talent c’est celui de ne pas savoir exactement quel talent j’ai, j’aime m’émerveiller du talent des autres, peut-être qu’il est latent mon talent. j’espère le dénicher un jour.mais en attendant, je me plais bien sur les artères des hommes et femmes de lettres et autres créateurs mis en relief sur TDB. Longue vie à TDB. dans l’attente de découvrir par vos soins d’autres talents….

    Aimé par 1 personne

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